Syrie : l'attentisme de Hollande est-il "criminel"?

Rédaction en ligne avec agences Publié le - Mis à jour le

International

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy s'est entretenu longuement mardi par téléphone avec le président du Conseil national syrien, Abdel Basset Sayda, ont indiqué les deux responsables dans un communiqué conjoint.

MM. Sarkozy et Sayda ont évoqué "pendant près de 40 minutes" la situation dans le pays. "Ils ont constaté la complète convergence de leurs analyses sur la gravité de la crise syrienne et sur la nécessité d'une action rapide de la communauté internationale pour éviter des massacres", soulignent-ils dans leur communiqué diffusé à Paris.

MM. Sarkozy et Sayda "sont convenus qu'il y a de grandes similitudes avec la crise libyenne". La crise en Libye avait débouché en octobre 2011 sur la mort de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi, après plusieurs mois d'affrontements. Présidé par le kurde Abdel Basset Sayda, le Conseil national syrien (CNS) est la principale coalition de l'opposition au régime de Bachar al-Assad.

Sarkozy très critique envers François Hollande

Fin juillet, le journal Le parisien avait déjà révélé que des critiques tenues par Nicolas Sarkozy envers François Hollande.

"On m'a critiqué sur la Libye, mais moi au moins, j'ai agi. Il faut être plus ferme contre le régime de Damas, beaucoup plus ferme", aurait-il alors déclaré.

Nul doute donc que pour l'ancien président tout comme pour la droite, la communauté internationale doit se montrer plus offensive vis-à-vis du régime de Bachar al-Assad.

"Rappelez-vous de ce qui s'est passé lorsque Benghazi était bombardée à l'époque par les troupes de Kadhafi, comme la France a été en initiative avec les Britanniques au Conseil de sécurité de l'Onu. Quel contraste avec le silence assourdissant de la France sur la tragédie syrienne", a déclaré le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé.

Philippe Juvin, secrétaire général du même parti a lui été plus loin encore estimant dans un communiqué ce mercredi que l'attentisme de François Hollande sur le dossier syrien devenait "criminel".

Pourquoi François Hollande, qui a même la direction du Conseil de Sécurité, en fait-il moins que Sarkozy ? Pourquoi ne décide-t-il pas d'intervenir ? Par peur ? Par amateurisme ? Parce qu'il ne sait pas décider ? Parce qu'il n'a pas compris l'enjeu moral ?" demande-t-il.

Le philosophe Bernard-Henry Lévy qui avait poussé Nicolas Sarkozy a agir en Libye et qui a reconnu avoir voté pour Hollande s'est déclaré "déçu" par François Hollande, qui se contenterait de "bonnes paroles" alors qu'une action militaire devrait être menée.

François Hollande ne veut rien faire sans l'ONU

La France, qui a pris le 1er août la présidence tournante du Conseil de sécurité de l'ONU et ne veut pas agir sans le consentement de l'organisation internationale. Or, la Russie et la Chine bloquent toujours toute action pouvant être menée par cette organisation dans un pays qui compte 18.000 morts en près de 17 mois de conflit.

Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a confirmé ce mercredi l'organisation d'une réunion ministérielle au Conseil de sécurité de l'ONU le 30 août "essentiellement consacrée à l'examen de la situation humanitaire en Syrie et dans les pays voisins". "Malgré les divisions qui ont prévalu au cours des derniers mois, le Conseil de sécurité ne peut demeurer silencieux face au drame qui se joue en Syrie", a déclaré Vincent Floreani, porte-parole adjoint du ministère, confirmant une information donnée par des diplomates mardi.

Selon des diplomates à l'ONU, la participation de la Russie et de la Chine à une réunion au niveau ministériel n'est pas assurée.

La réunion sera présidée par Laurent Fabius, qui se déplacera du 15 au 17 août en Jordanie, au Liban et en Turquie "dans le cadre de notre soutien aux réfugiés syriens qui fuient la répression implacable du régime de Damas", a rappelé M. Floreani. "En réunissant ses partenaires du Conseil de sécurité, la France entend manifester son soutien au peuple syrien, sa préoccupation croissante pour la stabilité régionale et son attachement à une transition vers un système démocratique et pluraliste", a ajouté le porte-parole.

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