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Les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien, ont annoncé avoir tiré dimanche une série de missiles depuis l'ouest de l'Iran contre "des bases de terroristes" dans la région de Deir Ezzor en Syrie, contrôlée essentiellement par le groupe Etat islamique (EI). Ces tirs de missiles sont intervenus en "représailles" aux attentats perpétrés le 7 juin contre le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran, qui ont fait dix-sept morts et ont été revendiqués par l'EI, ont annoncé les Gardiens dans un communiqué publié sur leur site sepahnews.

L'Iran est engagé en Irak et en Syrie aux côtés des gouvernements de ces deux pays pour y combattre des groupes rebelles et djihadistes, dont l'EI. Mais c'est la première fois que des missiles sont tirés depuis le territoire iranien contre les groupes djihadistes en Syrie.

"Dans cette opération, des missiles de moyenne portée ont été tirés depuis les provinces de Kermanshah et du Kurdistan. Un grand nombre de terroristes ont été tués et leurs équipements et armes détruits", affirme le communiqué des Gardiens.

L'attaque visait "la base de commandement et de regroupement (...) des terroristes à Deir Ezzor dans l'est de la Syrie", ajoutent les Gardiens de la révolution.

Après le double attentat de Téhéran, les Gardiens avaient affirmé qu'ils "vengeraient le sang versé des innocents".


L'armée accuse la coalition d'avoir abattu un de ses avions dans la province de Raqa

L'armée syrienne a accusé la coalition internationale dirigée par Washington d'avoir abattu un de ses avions dimanche dans la province de Raqa (nord), où les troupes gouvernementales sur le terrain se rapprochaient considérablement des forces soutenues par les Etats-Unis.

L'incident, s'il est confirmé par la coalition antijihadiste dirigée par Washington, serait une escalade dangereuse au moment où les troupes syriennes sont à la lisière de zones de contrôle de forces soutenues par les Américains dans le nord et le sud de la Syrie.

"L'aviation de la coalition internationale a visé cet après-midi un de nos avions de combat dans la région de Resafa, dans le sud de la province de Raqa, alors qu'il menait une mission contre le groupe terroriste Etat islamique", a indiqué l'armée dans un communiqué publié en soirée.

Le communiqué précise que "l'avion a été abattu et le pilote porté disparu".

"Cette agression intervient au moment où l'armée et ses alliés progressent dans la lutte contre le groupe terroriste EI qui s'effrondre dans la Badiya (désert syrien) sur plusieurs fronts", assure le texte.

"Le commandement général de l'armée met en garde contre les graves conséquences de cette agression flagrante sur les efforts visant à lutter contre le terrorisme", a encore ajouté le communiqué.

Avant l'annonce de l'armée, celle-ci avait progressé ces dernières heures et arrivé aux portes de Resafa, à une quarantaine de km au sud-ouest de la ville de Raqa, principal fief de l'EI en Syrie.

Mais l'objectif du régime n'est pas Raqa, que tentent de capturer des forces rivales, les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis.

'Les troupes s'approchent des FDS'

"Le régime veut à travers la province de Raqa parvenir à la province pétrolière de Deir Ezzor", plus à l'est, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Mais dans le même temps, avec cette nouvelle progression, "les troupes du régime n'ont jamais été aussi proches des FDS dans les environs de la ville de Raqa", a ajouté M. Abdel Rahmane.

"Le régime est en train de dessiner la zone de contrôle entre ses troupes et les FDS: il ne veut pas que les forces soutenues par les Américains avancent plus au sud de Raqa", précise-t-il.

Les FDS sont entrées le 6 juin dans la "capitale" de facto de l'EI en Syrie, se sont emparées d'une poignée de quartiers et s'apprêtent à y lancer la bataille cruciale du centre-ville.

La guerre en Syrie, qui a fait 320.000 morts en six ans, s'est transformée en un conflit très complexe avec la montée des jihadistes et l'implication de puissances régionales et internationales.

Après avoir largement avancé dans le nord, notamment avec la conquête d'Alep, le régime syrien progresse depuis mai dans le centre et le sud du pays, et se dirige dorénavant vers l'est.

Il a chassé l'EI de plusieurs zones dans la Badiya et est arrivé le 9 juin pour la première fois depuis 2015 à la frontière irakienne.

Il y a encerclé quasiment les rebelles soutenus par Washington et basés au poste-frontière d'Al-Tanaf, suscitant la crainte des Etats-Unis qui ont déployé des batteries de lance-roquettes multiples.