Syrie: la rébellion revendique des victoires à Alep

AFP Publié le - Mis à jour le

International

Les rebelles syriens ont revendiqué mardi plusieurs victoires à Alep en s'emparant de symboles du pouvoir et tuant 40 policiers, au moment où l'annonce d'un gouvernement d'exil risque de fragmenter davantage une opposition déjà profondément divisée.

A Alep, deuxième ville et capitale économique de la Syrie, où se joue depuis dix jours une bataille déterminante, les rebelles ont pris pour cible des lieux symboliques du pouvoir, attaquant le tribunal militaire, une branche du parti Baas et prenant deux commissariats. Au moins 40 policiers ont été tués selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des combats se déroulent également près du siège des puissants renseignements aériens, dans le quartier d'al-Zahra (ouest), ainsi qu'à la périphérie de Salaheddine (sud-ouest), principal bastion rebelle. Les forces du régime et les rebelles ont envoyé des renforts "pour une bataille décisive qui devrait durer des semaines".

Des heurts ont repris à Damas, la capitale qui avait été le théâtre d'affrontements très violents à la mi-juillet. Les accrochages ont eu lieu à Kafar Soussé après une attaque rebelle aux lance-roquettes contre un barrage de l'armée, ainsi qu'à Tadamoun, Qazzaz, et le camp de Yarmouk.

Pendant ce temps là, au Caire, l'opposant Haytham al-Maleh a annoncé avoir été chargé par une coalition de Syriens "indépendants sans affiliation politique" de former un gouvernement en exil qui sera basé au Caire. Une annonce que le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, juge prématurée. Il estime qu'elle affaiblit l'opposition.

Des rebelles exécutent des partisans du régime syrien

Des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) ont exécuté mardi des partisans du régime à Alep, en proie depuis le 20 juillet à de violents combats pour le contrôle de la ville, selon des images tournées par un amateur et postées sur Youtube par des militants.

La vidéo montre des hommes qui sont conduits sur une place pleine d'hommes armés criant :"l'ASL pour toujours"!

Les rebelles entourent l'un des captifs, au visage ensanglanté et presque nu, avant de le mettre face à un mur. D'autres sont alignés à côté de lui alors que les combattants scandent "Dieu est le plus grand".

Ces derniers ouvrent ensuite le feu sur leurs prisonniers, identifiés comme membres de la tribu des Berri, qui participaient aux combats au côté des forces du régime de Bachar al-Assad à Alep (nord).

"Le clan des Berri est fidèle au régime Assad", a dit Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Mais aucune loi -internationale ou islamique- n'autorise l'exécution d'un prisonnier. C'est un crime, une vengeance", a-t-il déploré.

M. Abdel Rahmane a ajouté que ce clan avait aidé les troupes régulières à réprimer la révolte à Alep.

Le clan des Berri est de confession sunnite alors que le régime Assad est dominé par les alaouites, une émanation du chiisme. Le fait que le régime permette à ces clans sunnites de participer aux combats au côté de l'armée "signifie qu'il veut entraîner le pays dans une guerre civile", selon M. Abdel Rahmane.

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