Syrie: "La violence doit cesser sans pré-conditions"

AFP Publié le - Mis à jour le

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International L'armée syrienne se retire de certains endroits, mais se déplace dans d'autres, a déclaré l'émissaire international pour la Syrie, Kofi Annan, mardi, jour où les troupes du régime de Damas étaient supposées cesser toute violence. "L'armée syrienne se retire de certains endroits mais se déplace dans d'autres qui n'étaient pas visés auparavant", a déclaré M. Annan au cours d'une conférence de presse, après avoir visité un camp de réfugiés syriens à la frontière turque. M. Annan a déclaré également que la violence en Syrie doit cesser "sans pré-conditions".

"Je demande à nouveau au gouvernement syrien et aux autres parties syriennes de cesser la violence en accord avec le plan (de paix) et je pense qu'il ne doit pas y avoir de pré-conditions pour cesser la violence", a déclaré l'émissaire des Nations Unies et de la Ligue arabe. Selon des militants, l'armée syrienne a bombardé mardi plusieurs localités, faisant de nouveaux morts, en dépit des assurances de Damas sur un retrait partiel de ses troupes et sur l'application du plan de Kofi Annan.

De son côté, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, qui était en visite officielle à Moscou ce mardi, a affirmé que Damas a commencé à appliquer le plan de l'émissaire international Kofi Annan, tandis que la Russie a appelé son allié syrien à se montrer "plus actif" en la matière."J'ai informé mon collègue russe des initiatives que la Syrie entreprend pour montrer sa bonne volonté dans l'application du plan Annan", a dit M. Mouallem lors d'une conférence de presse à Moscou avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.

"Nous avons déjà effectué le retrait de nos unités militaires dans certaines provinces", a déclaré M. Mouallem.

Parmi les autres mesures prises dans le cadre de l'application du plan Annan, le ministre syrien a cité "la libération de certaines personnes qui ont participé à des troubles".

"Le cessez-le-feu doit commencer avec l'arrivée d'observateurs internationaux", a-t-il ajouté, soulignant qu'il constatait une "intensification des agissements de groupes armés dans différentes régions de Syrie".

M. Mouallem a par ailleurs accusé la Turquie d'armer les rebelles et d'aider les militants à pénétrer en Syrie, des agissements qui sont selon lui en contradiction avec le plan Annan.

"La Turquie soutient les groupes armés illégaux syriens, leur fournit des armes (...) et contribue à la pénétration illégale de militants en Syrie", a-t-il dit.

La visite de M. Mouallem à Moscou coïncide avec l'expiration du délai fixé par l'ONU pour un retrait de l'armée syrienne en vue d'un cessez-le-feu visant à mettre fin aux violences meurtrières en Syrie qui ont fait plus de 10.000 morts en un an, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

De son côté, M. Lavrov a indiqué avoir été "informé du début de l'application du plan Annan par la direction syrienne", notamment du retrait des troupes de certaines grandes villes, point clé du plan.

Le régime syrien devrait cependant être "plus actif" et "plus ferme" dans l'application du plan, a-t-il ajouté.

"Nous exigeons avec insistance de la part de nos collègues syriens qu'ils appliquent strictement les engagements du plan de Kofi Annan", a souligné M. Lavrov.

"Il est clair que le succès sera possible seulement avec le concours de tous les autres membres de la communauté internationale qui ont une influence sur la situation en Syrie", a-t-il ajouté.

L'ONU avait annoncé le 2 avril que Damas avait accepté le plan en six points de l'émissaire Kofi Annan, qui l'oblige à retirer ses troupes des grandes villes et à cesser les combats au plus tard mardi matin, en préalable à un cessez-le-feu général prévu dans les 48 heures suivantes.

La Russie, qui avec la Chine a bloqué deux résolutions à l'ONU condamnant la répression du mouvement de contestation syrien, est alliée depuis l'époque de l'URSS avec Damas, un important importateur d'armements russes.

Paris et Berlin réfutent l'information selon laquelle Damas appliquerait le plan de paix d'Annan. Le porte-parole du Quai d'Orsay a déclaré ce mardi que les déclarations de M. Mouallem "témoignent d'un sentiment d'impunité contre lequel la communauté internationale doit absolument réagir", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero. "Il est évident que les Syriens n'appliquent pas les trois premières mesures du plan Annan", c'est-à-dire le retrait militaire des villes et l'abandon des armes lourdes avec pour date limite le 10 avril, a déclaré à la presse l'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud.

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