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Les rebelles d’Alep Est doivent évacuer la ville ce mercredi à partir de 5 heures du matin. Ils doivent être conduits en autobus vers la région d’Idleb, dernier grand bastion de l’opposition armée au régime de Bachar Al-Assad, avec Raqqa, la “capitale” de l’organisation de État islamique.

Tel est l’accord qui a été conclu mardi soir en marge du Conseil de sécurité des Nations unies et, sur le terrain, avec plusieurs factions rebelles qui sont désormais cantonnées sur une poche de 3 km2 après plus de deux mois d’un siège intense mené par l’armée syrienne et l’aviation russe.

Selon un responsable de l’influent groupe rebelle Noureddine al-Zinki à Alep, l’accord visant à évacuer “les habitants et les rebelles avec leurs armes légères des quartiers assiégés”, a été conclu “sous la houlette de la Russie et de la Turquie”, soutiens respectifs du régime de Bachar al-Assad et de la rébellion.Des corridors sont prévus pour évacuer les combattants ainsi que leurs familles.

Ce retrait signe la fin de la rébellion à Alep, l’ancien poumon économique et touristique du pays. Les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) avaient pris pied en juillet 2012 dans la ville, coupant Alep en deux, ouvrant la voie à des groupes islamistes comme le Front Al-Nosra.


Des civils exécutés, selon l’Onu

Les informations les plus alarmantes sur le sort des civils circulaient mardi sur les réseaux sociaux, mais sans aucune confirmation, ni preuve. Des médias de l’opposition ainsi qu’Abdullah Othman, responsable de l’une des alliances rebelles, le Front du Levant, ont notamment affirmé que des femmes avaient préféré s’immoler, avec des enfants, plutôt que de se rendre à l’armée syrienne. “Est-ce le premier génocide dans l’histoire auquel nous pouvons assister en ligne tout en restant assis et en ne faisant rien?”, demande Ibrahim, un internaute sur le fil Twitter Aleppo.

La réalité est qu’il y a très peu d’informations vérifiables qui filtrent des quartiers assiégés d’Alep. Dans une déclaration faite à la presse mardi, Rupert Corville, le porte-parole du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a pris des précautions pour évoquer la probabilité que 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants, ont été tués par des forces progouvernementales dans quatre quartiers de la ville. L’Onu a aussi impliqué la milice chiite irakienne al-Nujabaa dans des exécutions de civils en pleine rue.“Nous espérons, profondément, que ces rapports sont faux ou exagérés, comme la situation est extrêmement fluide et qu’il est très difficile de vérifier ces rapports. Cependant, elles ont été corroborées par de multiples sources fiables”, a-t-il dit.

L’ambassadeur de Russie à l’Onu, Vitaly Tchourkine, assure de son côté que le droit international humanitaire est respecté. “Les civils peuvent rester, ils peuvent se rendre dans des endroits plus sûrs, ils peuvent bénéficier des dispositifs humanitaires sur place”, a-t-il ajouté. Cinquante mille civils se trouvent encore dans la zone assiégée, de source américaine.

Selon Zakaria Malahifdji, membre du groupe rebelle Fastakim. un accord de cessation des frappes aériennes a été respecté mardi par l’aviation russe. Ce respect doit permettre une cessation des combats, puis d’entreprendre les évacuations dans les heures qui viennent. Dans l’attente de celles-ci, les civils se sont réfugiés dans des appartements abandonnés, alors que la pluie ne cesse de tomber sur Alep.

Plus de 310 000 personnes, dont 90 000 civils, ont été tuées dans la guerre syrienne, qui a débuté par des manifestations contre le président al-Assad en mars 2011, estime l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).