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L'Allemagne et les Etats-Unis ont apporté mercredi leur soutien à l'offensive militaire de la Turquie lancée en Syrie contre le groupe djihadiste Etat islamique mais aussi contre les milices kurdes à la frontière entre les deux pays.

Après avoir souligné que la dimension anti-EI de l'opération turque était "à l'unisson des objectifs et intentions de la coalition anti-EI", le porte-parole de la diplomatie allemande a dit "respecter" la décision d'Ankara de porter le combat contre les groupes Kurdes en Syrie, pourtant alliés des Occidentaux dans le conflit syrien.

"La Turquie, à tort ou a raison, considère qu'il y a des liens entre, du côté turc, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), que nous considérons aussi comme une organisation terroriste, et au moins une partie des Kurdes du côté syrien. Nous respectons cela, et nous considérons que c'est le droit légitime de la Turquie d'agir contre ces activités terroristes. Nous soutenons la Turquie sur ce point", a dit le porte-parole, Martin Schäfer, lors d'une conférence de presse régulière.

L'armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antidjihadiste, a lancé une opération mercredi avant l'aube en Syrie avec des avions de combat et ses forces spéciales pour chasser le groupe Etat islamique de Jarablos, ville frontalière de la Turquie.

Mais le président Recep Tayyip Erdogan a aussi annoncé que l'offensive visait le PYD (Parti de l'Union démocratique, kurde) alors même que les Etats-Unis soutiennent, au grand dam d'Ankara, les Kurdes, qui ont fait reculer les jihadistes sur le terrain en Syrie.

"Depuis 04H00 (01H00 GMT, 03H00 en Belgique), notre armée a lancé une opération contre les groupes terroristes Daech (acronyme arabe de l'EI) et le PYD (Parti de l'Union démocratique - kurde) qui menacent notre pays dans le nord de la Syrie", a déclaré M. Erdogan. "La Turquie ne tolérera aucun fait accompli en Syrie", a encore dit le chef de l'Etat dans un discours à Ankara.

La Turquie considère l'EI et le PYD comme des organisations terroristes et les combat alors que son allié américain soutient, au grand dam d'Ankara, les Kurdes, qui ont fait reculer les djihadistes sur le terrain en Syrie.

Seuls les combattants de l'EI sont présents à Jarablos, mais Ankara craint de voir les combattants kurdes arriver jusqu'à la localité proche de sa frontière.


Damas condamne l'intervention turque en Syrie

L'intervention militaire de la Turquie en Syrie est une "violation flagrante" de la souveraineté du pays, a dénoncé mercredi le ministère syrien des Affaires étrangères.

Damas "condamne le franchissement de la frontière turco-syrienne par des chars et des blindés turcs en direction de la ville de Jarablos avec une couverture aérienne de la coalition menée par Washington, et considère qu'il s'agit d'une violation flagrante de sa souveraineté", a réagi le ministère dans un communiqué.

"La Syrie réclame la fin de cette agression", a-t-il ajouté.


La Russie "profondément préoccupée"

La Russie s'est dite "profondément préoccupée" mercredi par l'importante opération lancée dans la nuit par l'armée turque en Syrie, s'inquiétant d'une possible aggravation des tensions entre Ankara et les milices kurdes.

"Moscou est profondément préoccupée par ce qu'il se passe à la frontière turco-syrienne. La possibilité d'une dégradation supplémentaire de la situation dans la zone du conflit est inquiétante", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.