Syrie: Première défection au sommet de l'Etat

AFP Publié le - Mis à jour le

International

Un haut gradé de l'armée syrienne, proche de la famille Assad et ami d'enfance du chef de l'Etat, a fait défection, a indiqué vendredi à l'AFP une source proche du pouvoir à Damas.

Il s'agit de l'officier supérieur le plus prestigieux à faire défection. "Le général Mounaf Tlass a fait défection il y a trois jours et il semble qu'il ait quitté la Syrie", a affirmé cette source.

Fils du général Moustapha Tlass, ancien ministre de la Défense et ami de longue date de Hafez al-Assad, le père de l'actuel chef de l'Etat, il avait fait partie de la "nomenklatura" syrienne.

Originaire de Rastane, dans la province de Homs (centre), aujourd'hui aux mains des rebelles, ce sunnite, âgé d'une quarantaine d'années, a été un ami d'enfance de l'actuel président Bachar al-Assad.

Général dans la Garde républicaine, une unité d'élite chargée de la protection du régime, il avait été écarté il y a plus d'un an de ses responsabilités, car jugé peu fiable, selon cette source proche du pouvoir.

Il avait tenté des missions de conciliation entre le pouvoir et le rebelles à Rastane et à Deraa (sud), mais sans succès. Depuis plusieurs mois, il avait troqué son uniforme pour des habits civils et se trouvait à Damas, où il s'était laissé pousser les cheveux et la barbe.

Une autre source à Damas a confié que la rupture avec le pouvoir avait été consommée lors de l'attaque en février-mars contre Baba Amr, un quartier de Homs contrôlé par les rebelles. Il avait refusé de prendre la tête de l'unité chargée de reprendre ce secteur et Bachar al-Assad l'aurait ensuite mis à l'écart.

Selon des proches du général, toute sa famille se trouve déjà à l'étranger ainsi que son frère Firas, un homme d'affaires installé à Dubaï.

Son cousin Abdel Razzak Tlass, est le chef à Homs de la brigade Farouk, une unité combattante de l'Armée libre syrienne (ALS), composée en grande partie de déserteurs.

"Si la défection de Manaf Tlass est confirmée, ce sera un coup douloureux pour le régime et les cercles proches car il était intime de la famille régnante", a affirmé le président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane.

Cette défection intervient alors que plus de 16.500 personnes ont perdu la vie dans les violences en Syrie depuis le déclenchement de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad a la mi-mars 2011, selon un dernier bilan de l'OSDH.

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