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L'avocat de Mounia Rabbouj, la troisième femme à avoir porté plainte pour viols contre Tariq Ramadan, a dénoncé mercredi une "manipulation de l'opinion" dans la présentation, par la défense, de l'issue de l'audition de l'islamologue suisse la veille.

Le conseil de l'intellectuel musulman, Me Emmanuel Marsigny, avait annoncé mardi soir que M. Ramadan n'avait pas été mis en examen concernant les accusations de Mme Rabbouj, en raison "des explications" et "des documents" fournis par son client, qui a reconnu des relations sexuelles "consenties" avec elle.

C'était la première fois que Tariq Ramadan, qui nie catégoriquement tout viol, reconnaissait une relation extraconjugale, éloignée des enseignements qui ont fait sa célébrité.

"Les juges n'ont pas statué à l'issue des explications de M. Ramadan, c'est une manipulation de l'opinion", a réagi mercredi Me Francis Szpiner, l'avocat de Mme Rabbouj, après avoir pris connaissance du procès-verbal de l'audition qui s'est conclue dans la soirée.

Me Szpiner est également le conseil de Henda Ayari, une ancienne salafiste devenue militante laïque dont la plainte a déclenché l'affaire en octobre.

Selon des sources proches du dossier, l'interrogatoire a essentiellement porté sur les deux premières plaignantes. En fin d'audition, les magistrats ont indiqué à M. Ramadan qu'il serait "interrogé ultérieurement" sur les faits de la troisième plainte, mais qu'il pouvait faire une déclaration sous le statut de témoin assisté.

"Les juges n'ont pas donc pas encore pris position", a estimé pour sa part Me Eric Morain, avocat de la deuxième plaignante, surnommée "Christelle" dans la presse.

"Si les juges avaient considéré qu'il existait des indices graves ou concordants, ils n'auraient pas eu d'autre choix que de le mettre en examen ce qu'ils n'ont pas fait en décidant de l'entendre sous le statut de témoin assisté", a répondu Me Marsigny.

Lundi, la défense avait déposé "plus de 300 vidéos et plus de 1.000 photos" pour convaincre les juges qu'il s'agissait d'une relation consentie entre l'intellectuel et Mounia Rabbouj.

Cette ancienne escort-girl, protagoniste du procès pour proxénétisme du Carlton aux côtés de Dominique Strauss-Kahn, affirme avoir été violée à neuf reprises en France, à Londres et à Bruxelles, de 2013 à 2014, conduisant le parquet de Paris a requérir une nouvelle mise en examen de l'islamologue.

En Suisse, une quatrième femme a porté plainte et son témoignage doit encore être versé au dossier français.