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Les Etats-Unis ont tenté mardi à Vancouver de maintenir une pression "maximale" contre les ambitions nucléaires nord-coréennes, en appelant avec leurs alliés à un renforcement des contrôles maritimes, malgré la récente amorce de détente entre la Corée du Nord et son voisin du Sud. La réunion de Vancouver rassemblait une vingtaine de pays proches de Washington, et était coprésidée par le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et son homologue canadienne Chrystia Freeland. Prévue de longue date, avant la décision surprise de Pyongyang de participer au Jeux Olympiques d'hiver le mois prochain en Corée du Sud, elle n'a pas donné lieu à de grandes annonces mais a surtout servi à remobiliser le front des alliés des Américains.

Les participants ont appuyé "un renforcement de l'interdiction maritime afin de déjouer les transferts de navire à navire", une tactique reprochée aux Nord-Coréens pour échapper aux contrôles et s'approvisionner en denrées soumises à un embargo, a déclaré Rex Tillerson à l'issue de la réunion. Il a toutefois assuré ne pas vouloir "interférer avec les activités maritimes légitimes".

En réalité, aucune mesure concrète nouvelle n'a été dévoilée.

"Nous n'accepterons pas que la Corée du Nord soit une menace nucléaire contre le monde", a martelé Chrystia Freeland. "Nous partageons tous la même politique et le même objectif: la dénucléarisation totale, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne", a renchéri le chef de la diplomatie américaine, promettant "de nouvelles conséquences pour le régime" de Kim Jong-Un "à chaque nouvelle agression".

La cheffe de la diplomatie canadienne a reconnu que la détente intercoréenne était "un signal encourageant" et son homologue sud-coréenne Kang Kyung-wha s'est voulue optimiste, estimant que "les deux instruments" --"sanctions sévères" et main tendue-- allaient de pair. Elle a estimé que cette stratégie avait "commencé à porter des fruits".

Le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono a toutefois mis en garde contre toute tentation de baisser la garde. Sans citer nommément Séoul, il a soupçonné le régime de Kim Jong-Un de vouloir "enfoncer un coin entre les pays 'durs' et ceux qui ne sont pas si durs".