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La Première ministre britannique Theresa May se rend ce vendredi à Florence, en Italie, pour y prononcer un discours important sur le Brexit. Pourquoi la capitale de la Toscane ? "La Première ministre voulait donner un discours sur la future relation du Royaume-Uni avec l’Europe dans son cœur historique", a expliqué son chargé de communication. "Au cours des siècles, le Royaume-Uni a eu de profonds liens économiques et culturels avec Florence, une ville réputé pour sa puissance commerciale. Lorsque nous quitterons l’Union Européenne, nous garderons ces liens forts."

Depuis Theresa May a précisé qu’après avoir rencontré cette semaine "nombres de dirigeants européens", elle fera le point sur "notre position actuelle dans les négociations et la direction que nous prenons. Les négociations sont structurées de telles manière que le Conseil (européen) a donné un mandat à la Commission, qui a nommé Michel Barnier, mais la décision sera prise par les dirigeants."

Concrètement, Theresa May entend débloquer des négociations pour le moment freinées par le cadre très strict imposé par la commission européenne : avant d’être autorisées à discuter des dispositions commerciales, les deux parties doivent tomber d’accord sur le statut des citoyens européens résidents au Royaume-Uni et des Britanniques dans l’UE, sur l’avenir de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord et sur le règlement financier du passif britannique vis-à-vis de l’UE. Des questions très sensibles politiquement, principalement sur la question financière, "qui devrait pourtant être la plus simple à résoudre" nous rappelle un diplomate européen désireux de ne pas être nommé

Or, le temps presse. Michel Barnier avait indiqué que l’ensemble du processus doit être achevé à l’automne 2018 pour permettre aux dirigeants européens de discuter du projet d’accord, puis aux parlements européens de le ratifier avant la fin mars 2019, date prévue du Brexit.

Theresa May sera-t-elle écoutée par ses homologues européens ? Le doute est permis depuis samedi dernier. Suite à l’absence de cap clair énoncé par la direction britannique, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a publié ce matin-là dans le quotidien "The Telegraph" un long texte intitulé : "Ma vision d’un Royaume-Uni prospère et audacieux, grâce au Brexit".Plus que son contenu, guère révolutionnaire, la publication impromptue de ce texte expose la volonté du plus éminent des Brexiters de tenir au moins partiellement le gouvernail des négociations.

Afin de tenter de redonner une image d’unité à ses troupes, Theresa May a réuni jeudi après-midi ses principaux ministres. Après leur avoir remis son discours et leur avoir accordé trente minutes pour le lire, tous en ont débattu pendant deux heures et demi. L’occasion d’offrir aux photographes et aux caméramen réunis en masse devant le 10 Downing Street une sortie groupée, le sourire aux lèvres.