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"Nous devons faire quelque chose. Nous devons agir", a déclaré Donald Trump lors d'une réunion à la Maison Blanche de membres du Congrès démocrates et républicains, durant laquelle il a soutenu des mesures pour le contrôle des armes plus fortes que celles prônées par son parti. Il s'est prononcé pour des vérifications approfondies et des limitations d'achat pour les malades mentaux ainsi qu'un relèvement de 18 à 21 ans de l'âge légal pour acheter certaines armes.

Il a demandé aux législateurs des deux partis d'y travailler ensemble. "Vous avez peur de la NRA" (National Rifle Association), le puissant lobby américain des armes, a-t-il lancé à un sénateur républicain.

Mardi, devant des élus démocrates et républicains, le président a tenu un discours volontariste. "Nous sommes déterminés à transformer notre chagrin en action", a-t-il dit et tweeté. Donald Trump a exhorté les élus à ne pas céder face au lobby des armes. "La raison pour laquelle j'ai déjeuné avec la NRA dimanche : je les ai appelés, j'ai dit 'vous devez venir', j'ai dit 'les gars, nous devons faire quelque chose'. Et ils ont un grand pouvoir, je suis d'accord avec ça. Ils ont un grand pouvoir sur vous. Ils ont moins de pouvoir sur moi. Car moi, de quoi ai-je besoin? Je vous le dis : je pense qu'ils sont là. Je pense que certains d'entre vous sont pétrifiés par la NRA. Vous ne pouvez pas être pétrifiés. Ce qu’ils veulent faire est bien. Et ce qu’ils vont faire est bien. Je le crois vraiment. C’était un bon lunch!"

Le président voudrait aussi renforcer le contrôle des antécédents des futurs acheteurs d'armes. Avec cette mesure, Donald Trump vise clairement les personnes atteintes de troubles mentaux. Sur ce point-là, le président ne change pas d'avis: le problème n'est pas les armes, mais la santé mentale de ceux qui les manipulent.

Concernant la première mesure que Trump avait suggéré après la fusillade, celle d'armer des adultes au sein des écoles, le président n'a pas précisé s'il s'agissait d'enseignants ou de professionnels de la sécurité. Il s'est contenté de parler de "personnes de talent et entraînées".

Coup dur pour la NRA : deux grandes enseignes restreignent la vente d'armes

Alors que beaucoup se sont émus qu'à 19 ans, le tireur de Parkland ait pu acheter légalement un fusil d'assaut AR-15 tout en étant trop jeune, au vu de la loi, pour consommer de l'alcool, le géant des supermarchés Walmart a annoncé relever l'âge de vente des armes et des munitions dans ses magasins à 21 ans.

"Compte tenu des récents événements, nous avons revu notre politique sur les armes à feu", a expliqué le groupe dans un communiqué.

Depuis 2015, l'entreprise, qui assure se consacrer avec ses rayons d'armes aux "sportifs et chasseurs", ne vend plus de fusils d'assaut semi-automatiques. A l'époque, elle avait mis en avant non pas des considérations politiques ou sociétales, mais une baisse de la demande. Sauf en Alaska, Walmart ne vend pas non plus d'armes de poing.

Plus tôt dans la journée, au moment où les lycéens de Parkland reprenaient le chemin de l'école, Edward Stack, le PDG de Dick's Sporting Goods, une des plus grandes chaînes de magasins de sport des Etats-Unis, annonçait que son entreprise ne vendrait plus de fusils d'assaut semi-automatiques.

"Nous sommes profondément perturbés et attristés par les événements tragiques qui se sont déroulés à Parkland", a-t-il réagi, en révélant que sa société avait vendu en novembre 2017 une arme à Nikolas Cruz, responsable de cette tuerie qui a fait 17 morts il y a deux semaines.

"Ce n'était ni l'arme, ni le type d'arme utilisé par le tireur. Mais cela aurait pu être le cas", a reconnu Edward Stack. "Les pensées et les prières ne sauraient suffire", a-t-il insisté tout en exhortant à agir pour qu'une telle tragédie de ne se reproduise pas.

Outre l'interdiction de ces armes légales dans plus de 40 Etats américains, Dick's ne vendra plus de chargeurs à grande capacité et refusera la vente d'armes aux personnes de moins de 21 ans bien que certaines législations locales l'autorisent.