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Le président américain Donald Trump a averti mercredi la Russie, alliée de Bachar al-Assad, que des missiles seraient lancés sur la Syrie après l'attaque chimique présumée imputée au régime syrien.

"La Russie jure d'abattre n'importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et 'intelligents!' Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela", a écrit M. Trump dans un tweet.

Dans un deuxième tweet, le 45e président américain a cette fois affirmé que les relations entre les Etats-Unis et la Russie étaient "pires aujourd'hui qu'elles ne l'ont jamais été, y compris pendant la Guerre froide".

"Il n'y a pas de raison à cela. La Russie a besoin qu'on l'aide sur son économie, ce qui devrait être très facile à faire, et nous avons besoin que toutes les nations travaillent ensemble. Arrêtons la course aux armements?", a poursuivi le président, quelques minutes après un autre message mettant en garde Moscou sur son implication dans le conflit syrien.

La réponse de Moscou ne s'est pas fait pas attendre

Le pouvoir russe a réagi à cette mise en garde américain. Pour Moscou, "les missiles intelligents doivent voler en direction des terroristes et non pas en direction du gouvernement légitime, qui lutte depuis plusieurs années contre le terrorisme international sur son territoire", a déclaré sur Facebook la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

La Russie a en outre insinué mercredi que les frappes américaines contre le régime de Damas promises par Donald Trump pourraient servir à "effacer les traces des provocations" que les Occidentaux dénoncent comme une attaque à l'arme chimique dans l'enclave rebelle de Douma.

"L'idée serait-elle d'effacer rapidement les traces de provocations par des frappes de missiles intelligents, et les inspecteurs n'auront plus rien à trouver en termes de preuves", s'est interrogée sur Facebook la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, après un tweet de Donald Trump avertissant de frappes prochaines contre la Syrie.

Damas qualifie ces menaces "d'escalade dangereuse" et évacue ses bases militaires

La Syrie a dénoncé ces menaces, les qualifiant "d'escalade dangereuse", selon l'agence officielle Sana.

"Nous ne sommes pas étonnés par cette escalade dangereuse en provenance d'un régime comme celui des Etats-Unis qui a parrainé et parraine encore le terrorisme en Syrie", a indiqué une source du ministère des Affaires étrangères, citée par Sana.

© AFP

Face à la menace de frappes américaines, l'armée syrienne a évacué ses principales bases militaires et aérodromes du pays et est en état d'alerte, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des membres ont rapporté avoir vu des convois de camions quitter les bases utilisées lors des récentes offensives contre les rebelles dans la Ghouta orientale.

La Turquie s'en mêle

La Turquie, acteur clef dans le dossier syrien, a exhorté mercredi la Russie et les Etats-Unis à cesser leur "bagarre de rue" au sujet de possibles frappes contre le régime syrien à la suite d'une attaque chimique présumée.

"L'un dit 'J'ai de meilleurs missiles', l'autre dit 'Non, c'est moi qui ai de meilleurs missiles. Allez, chiche, envoie-les !' (...) C'est une bagarre de rue, ils se bagarrent comme des caïds. Et qui en paie le prix ? (...) Les civils", a déclaré le Premier ministre turc Binali Yildirim lors d'un discours à Istanbul.