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Une terrasse de bâtiment colonial désert. Deux hommes s'approchent, pour une poignée de main historique, retransmise en direct dans le monde entier.

Les limousines des dirigeants américain et nord-coréen Donald Trump et Kim Jong Un ont emprunté le pont reliant Singapour à l'île de Sentosa, plus connue pour ses parcs d'attractions, des studios Universal aux baignades avec les dauphins.

Direction l'hôtel de luxe Capella, développé sur le site d'une ancienne base britannique, bouclé pour l'occasion.


Mise en scène savamment orchestrée

Les deux hommes sont sortis sans un sourire de leurs véhicules, arrivant ensuite de façon totalement symétrique sur la terrasse choisie comme décor sobre de cette rencontre dont les chaînes d'information en continu parlent en boucle depuis des jours.

Figée, la poignée de main, moment tant redouté des hommes politiques rencontrant Donald Trump, a duré un peu plus de dix secondes.

Donald Trump a touché l'épaule de Kim Jong Un, plus petit que lui, mais sans autre signe ostensible de domination virile comme ceux que le président américain aime souvent à distiller. Les mines sont sérieuses.

La différence de taille importante entre les deux hommes avait suscité toutes les spéculations quant au fait que la partie nord-coréenne insisterait pour que la poignée de main se fasse assis.

En arrière-fond, une dizaine de drapeaux de la Corée du Nord et des Etats-Unis.

Selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, c'est la première fois que les drapeaux des deux pays se retrouvent côte-à-côte depuis un concert de l'Orchestre philharmonique de New York à Pyongyang en 2008.

© AP

"Le chemin pour en arriver là n'a pas été facile"

MM. Trump et Kim se sont ensuite vus en tête-à-tête pendant un peu plus de 45 minutes, avant une discussion bilatérale et un déjeuner mêlant mets occidentaux et asiatiques (cocktail de crevettes, porc croustillant sauce aigre-douce et tarte tropézienne), une des rares informations distillées à la presse.

Les sourires font enfin leur apparition sur le visage des deux hommes. La glace semble rompue.

"Nous allons avoir une relation formidable", a lancé M. Trump, assis au côté de l'homme fort de Pyongyang pour une courte séance ouverte à quelques caméras, se disant convaincu que la rencontre serait un "immense succès".

"Le chemin pour en arriver là n'a pas été facile", a de son côté déclaré le dirigeant nord-coréen. "Les vieux préjugés et les habitudes anciennes ont été autant d'obstacles, mais nous les avons tous surmontés pour nous retrouver ici aujourd'hui".

"C'était vraiment une rencontre fantastique" qui s'est déroulée "mieux que quiconque aurait pu imaginer", a lancé Donald Trump à la presse à l'issue du déjeuner, après une courte promenade dans le jardin de l'hôtel avec Kim.


-> Notre dossier: "Rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong-Un"

Communication verrouillée, critique "étouffée"

Malgré un accès au sommet des plus restreints, quelque 5.000 journalistes ont fait le déplacement à Singapour pour l'évènement, selon Washington. La plupart ont été cantonnés à suivre le sommet en direct à la télévision ou sur les comptes Twitter de Donald Trump ou de son secrétaire d'Etat, Mike Pompeo.

Et derrière cette poignée de mains symbolique, quelques critiques se sont élevées, puisque même si le rapprochement entre les deux pays est historique, certains soulignent le fait que ceci "légitime" Kim Jong Un à l'international, alors que la Corée du Nord est une dictature.

Mais Donald Trump balaie les attaques du revers de la main, et même juste avant la rencontre.

"Le fait que cette rencontre a lieu est une grande perte pour les Etats-Unis, disent les haineux et les perdants. Nous avons nos otages; les tests, recherches et lancements de missiles ont cessé, et ces critiques ('pundits'), qui disent depuis le début que je fais fausse route, n'ont rien d'autre à dire!", selon le tweet de Donald Trump.

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