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Quatre partis de l'opposition en Turquie formeront une alliance en vue des élections anticipées du 24 juin, dans une tentative de battre le président Recep Tayyip Erdogan et le parti au pouvoir, ont rapporté les médias mercredi. Cette alliance regroupera la principale formation de l'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), le tout jeune Iyi parti (Bon Parti), le parti conservateur Saadet (Parti de la Félicité) et le parti Démocrate de centre-droit, selon la chaîne NTV.

Une source du CHP a confirmé à l'AFP que des discussions se poursuivaient entre les quatre partis et qu'un protocole d'alliance devrait être signé jeudi.

Réagissant à ces informations, le gouvernement a dénoncé cette alliance, la jugeant motivée par la seule hostilité au président Erdogan.

"Ce qui les motive et les rassemble ce ne sont pas les intérêts ou l'avenir de la Turquie mais leur opposition au président Recep Tayyip Erdogan", a déclaré le porte-parole du gouvernement Bekir Bozdag. Il a dénoncé une "alliance forcée" entre ces partis, la comparant à un "mariage forcé".

Cette alliance de l'opposition semble répondre à celle que le parti au pouvoir, l'AKP, a nouée avec la formation ultranationaliste, le Parti d'action nationaliste (MHP), pour ces élections.

Selon NTV, l'alliance de l'opposition sera en vigueur pour les élections législatives seulement, les quatre partis envisageant de présenter chacun son propre candidat au premier tour de l'élection présidentielle.

Le CHP a ainsi d'ores et déjà fait savoir qu'il désignerait vendredi son candidat à l'élection présidentielle Meral Aksener, leader d'Iyi parti a, elle aussi, annoncé qu'elle se présenterait au scrutin tout comme le chef du parti Saadet, Temel Karamollaoglu.

L'opposition cherche à tout prix à se donner les moyens de barrer la route à M. Erdogan qui, s'il devait l'emporter, serait doté de pouvoirs élargis sans précédent aux termes d'un amendement constitutionnel approuvé par référendum en avril 2016.