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Un tribunal d'Istanbul a ordonné jeudi la remise en liberté sous contrôle judiciaire de la romancière turque Asli Erdogan, jugée pour appartenance à une "organisation terroriste", a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anadolu. En détention provisoire depuis plus de quatre mois, Asli Erdogan doit sortir de la prison pour femmes de Bakirköy vers 19H30 (17H30 GMT), a déclaré une amie de la romancière, Aysegül Tozeren.

La linguiste reconnue Necmiye Alpay, qui fait partie des huit autres accusés de ce procès, a également bénéficié d'une décision de remise en liberté. De même que Zana Bilir Kaya, ancien rédacteur en chef du quotidien Ozgür Gündem, fermé par décret-loi en octobre car accusé de "propagande terroriste" pour le compte de la rébellion kurde, selon Anadolu.

Les accusés ne sont toutefois pas acquittés et le procès doit reprendre le 2 janvier, selon l'agence de presse Dogan.

Tous sont accusés d'avoir collaboré avec Ozgür Gündem et d'être "membres d'une organisation terroriste", en l'occurrence le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ils risquent la prison à vie.

La décision du tribunal a été accueillie par des célébrations de joie devant le palais de justice d'Istanbul, où l'on a vu des personnes pleurer et danser.

Plusieurs membres du comité de soutien des prévenus se sont mis en route pour la prison de Bakirköy pour accueillir Asli Erdogan et Necmiye Alpay à leur sortie.

Physicienne de formation et lauréate de nombreux prix, Asli Erdogan, qui n'a aucun lien de parenté avec le président Recep Tayyip Erdogan, a vu ses romans traduits dans plusieurs langues. Le dernier paru traduit en français, Le Bâtiment de pierre (Actes Sud, 2013), dénonce la torture et les conditions de détention en Turquie.