International

Les élus écologistes au Parlement européen ont demandé vendredi au nouveau président désigné de l'UE, le Belge Herman Van Rompuy, de clarifier sa position à l'égard de l'adhésion de la Turquie dans l'UE, qu'il avait rejetée en 2004 dans un discours. "Je suis inquiète de la nomination à la tête du Conseil européen d’un homme politique qui a argumenté avec conviction que l’adhésion de la Turquie serait une menace pour les valeurs fondamentales de l’Europe", a dénoncé l'élue Verte Hélène Flautre, co-présidente de la commission parlementaire mixte UE-Turquie au Parlement européen.

M. Van Rompuy "doit s'expliquer sur la Turquie", a-t-elle dit, car, a-t-elle ajouté, "le soutien massif de Mme (Angela) Merkel et de M. (Nicolas) Sarkozy à la nomination de M. Van Rompuy n'est sans doute pas étranger à cette +ancienne+ conviction sur la Turquie, développée en 2004". Les Verts européens sont favorables à l'entrée dans l'UE de la Turquie, alors que les négociations à ce sujet piétinent aujourd'hui. La chancelière allemande et le président français sont en revanche opposés à une adhésion et lui préfèrent un partenariat privilégié. En décembre 2004, devant le parlement belge, M. Van Rompuy, membre du parti chrétien-démocrate flamand et catholique pratiquant, avait déclaré: "Un élargissement de l'UE à Turquie ne peut être considéré comme un élargissement comparable à ceux du passé. Les valeurs universelles de l'Europe, qui sont aussi les valeurs fondamentales de la chrétienté, perdront en force avec l'entrée d'un grand pays musulman tel que la Turquie".

La presse britannique a récemment évoqué ce discours pour critiquer les positions de M. Van Rompuy. La Grande-Bretagne est, elle, favorable à l'adhésion de la Turquie. L'entourage de M. Van Rompuy a cherché à minimiser la portée du discours en question, soulignant qu'il avait été prononcé à un moment où l'intéressé n'avait pas de responsabilité gouvernementale et était dans l'opposition.