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La décision de Donald Trump de retirer par tweet son soutien au communiqué final du sommet du G7 a été une expérience "dégrisante et un peu déprimante", a déclaré dimanche la chancelière allemande, Angela Merkel.

"C'est dur, c'est décevant cette fois-ci, mais ça n'est pas la fin" du G7, a-t-elle dit, lors d'un entretien à la télévision publique allemande ARD.

"C'est déprimant, et c'est déjà beaucoup pour moi" que de dire ça, a-t-elle déclaré, ironisant sur sa traditionnelle retenue verbale.

Son ministre des Affaires étrangères Heiko Maas avait martelé plus tôt que Donald Trump avait détruit "une quantité incroyable de confiance avec un tweet".

"Non, je ne crois pas" que ce soit la fin de la relation transatlantique, a tempéré Mme Merkel, "cette annulation du communiqué, c'est un pas décisif mais les Etats-Unis sont une démocratie".

Interrogée sur les menaces de M. Trump d'imposer des droits de douane accrus sur les importations aux Etats-Unis de voitures européennes, un secteur stratégique pour l'Allemagne, la chancelière a dit souhaiter un front commun européen.

"Nous devrons réfléchir à ce que nous devrons faire (...) j'espère que nous agirons ensemble comme nous l'avons fait jusqu'à présent" face à l'introduction de taxes américaines sur l'acier et l'aluminium européens, a-t-elle poursuivi, des contres-mesures européennes devant intervenir le 1er juillet.

Quant au prochain grand rendez-vous diplomatique de l'ét : "il y aura un sommet de l'Otan (en juillet) et il ne sera pas facile", a prédit la chancelière, Donald Trump reprochant à de nombreux Européens, Allemands en tête, de ne pas dépenser suffisamment en matière de défense.

Refusant l'escalade de la guerre des mots avec les Etats-unis, elle a dit ne pas croire que "s'échauffer par la parole fasse avancer les choses".

Néanmoins, elle a estimé que M. Trump, par sa politique de "l'Amérique d'abord", par moment donne l'impression qu'il préfère "un gagnant et un perdant" au "gagnant-gagnant".

Pour elle, cette nouvelle passe d'armes avec le président américain, la montée en puissance de la Chine et les ambitions russes démontraient une fois de plus que l'Europe devait développer ses capacités d'action sur la scène internationale et devenir une puissance avec une "culture stratégique".