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La trêve humanitaire d'un mois en Syrie réclamée par l'ONU "n'est pas réaliste", a affirmé jeudi l'ambassadeur de Russie auprès des Nations unies, Vassily Nebenzia, alors que des récents bombardements ont fait plus de 200 morts dans le pays. "Nous aimerions voir un cessez-le-feu, la fin de la guerre, mais, les terroristes, je ne suis pas si sûr qu'ils soient d'accord", a déclaré le diplomate à des reporters à New York.

Il s'exprimait alors que le Conseil de sécurité de l'ONU est réuni à huis clos pour évoquer la crise humanitaire en Syrie où des bombardements d'une rare intensité ont coûté la vie à plus de 200 civils en quatre jours dans la vaste région de la Ghouta orientale assiégée depuis 2013.

La Suède et le Koweït avaient réclamé cette réunion après l'appel à un cessez-le-feu humanitaire d'un mois lancé par le coordinateur régional du bureau des affaires humanitaires de l'ONU pour la crise en Syrie, Panos Moumtzis.

La Russie, alliée des forces pro-régime qui pilonnent la Ghouta orientale, a bloqué à de nombreuses reprises des initiatives du Conseil de sécurité visant le régime de Bachar al-Assad.

"La Ghouta orientale connaît un siège digne du Moyen Age, c'est totalement inacceptable", a réagi l'ambassadeur français à l'ONU, François Delattre réclamant un accès immédiat aux civils ayant besoin d'une aide humanitaire. "En Syrie, nous sommes maintenant de retour aux heures les plus sombres du conflit, avec le bilan des civils tués le plus élevé de l'année écoulée", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont demandé à ce que les attaques aériennes et chimiques contre les civils en Syrie "cessent immédiatement", alors que des responsables de l'ONU ont accusé le gouvernement syrien d'avoir bloqué tous les convois d'aides humanitaires qui tentaient de parvenir aux zones assiégées en janvier.

Plus de 13,1 millions de Syriens ont besoin d'aide humanitaire y compris 6,1 millions de déplacés dans le pays.