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Vainqueur du prix Albert Londres, David Thomson a complètement disparu une fois cette consécration atteinte. La raison: des menaces de mort "de plus en plus personnalisées et circonstanciées".

Précurseur du journalisme d'investigation, le Français Albert Londres a laissé derrière lui un héritage majeur pour le journalisme, notamment au travers de son ouvrage Au bagne. C'est à son nom qu'un prix a été créé peu après sa mort en 1932. Le dernier lauréat en date est David Thomson pour son livre Les Revenants, enquête au long cours sur les djihadistes français revenus de Syrie. Mais l'auteur a dû lever les voiles vers d'autres cieux comme il l'explique dans un entretien accordé au Figaro.

"J'ai quitté la France à cause des menaces" explique le journaliste qui a dû s'exiler outre-Atlantique au deuxième semestre de 2017. "Elles ont commencé début 2013, quand j'étais correspondant en Tunisie pour RFI à cause du début de l'opération 'Serval' au Mali (opération militaire menée par la France pour endiguer le djihadisme au nord du pays, ndlr)" poursuit-il avant d'affirmer qu'elles ont augmenté au fil des ans pour atteindre leur paroxysme un jour de l'été 2016.

"J'étais à la terrasse d'un café, je reçois un appel d'un commandant de police: "'Bonjour, vous venez d'être placé sous protection policière. Vous êtes où? O.K., on arrive."

Depuis lors, cette protection perdure et marque l'investigateur. "L'un d'entre eux m'a dit tout au début: 'Nous sommes là pour prendre une balle pour vous.''

Malgré cette protection, David Thomson doit quitter la France où "la pression était devenue trop forte", car "il m'est arrivé [de] recroiser par hasard" des djihadistes, chauffeurs de taxi, agents de sécurité et même auxiliaires de police au guichet d'un commissariat, rencontrés lors de son enquête.

Exilé aux Etats-Unis, il a débuté "un nouveau cycle journalistique".