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Ján Kuciak et sa compagne ont été abattus de plusieurs balles ce week-end à Velka Maca, à moins de 100 kilomètres de la capitale slovaque, Bratislava, annonce lundi Reporters Sans Frontières (RSF) sur son site web. La mort du journaliste de 27 ans, qui travaillait pour le site Aktuality.sk, a été confirmée par le ministère de l'Intérieur au journal Dennik N.

Ján Kuciak s'était spécialisé dans les enquêtes portant sur des affaires de fraude fiscale à grande échelle. Son dernier article portait d'ailleurs sur les activités de Marián Kocner, un entrepreneur slovaque controversé en raison de ses liens avec plusieurs responsables politiques.

Un journaliste slovaque de la télévision a posté un ancien message du journaliste publié sur son mur Facebook dans lequel il affirmait avoir été menacé par Marián Kocner. "Je vais commencer à accorder une attention particulière à vous, votre personne, votre mère, votre père et vos frères et sœurs."

RSF condamne "cet assassinat qui frappe une nouvelle fois un journaliste d'investigation au sein de l'Union européenne et appelle les autorités à punir les auteurs de cet acte odieux".

C'est la cinquième fois en dix ans qu'un journaliste est assassiné dans l'UE. Le meurtre de Ján Kuciak survient après celui de la journaliste d'investigation et blogueuse maltaise Daphne Caruana Galizia le 16 octobre 2017, le massacre des sept journalistes de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 à Paris, l'assassinat du journaliste grec Socratis Guiolias, abattu à l'arme automatique devant son domicile en 2010 et celui du Croate Ivo Pukanic, tué dans l'explosion de sa voiture devant les bureaux de son journal en 2008.

Attaque sans précédent contre la liberté de la presse

La police estime que le double meurtre a été commis entre jeudi et dimanche. Les membres de la famille ont contacté la police, inquiets de ne pas pouvoir contacter le couple.

"Si la mort du journaliste d'investigation Jan Kuciak s'avère liée avec son travail, il s'agirait d'une attaque sans précédent contre la liberté de la presse et contre la démocratie en Slovaquie", a souligné le Premier ministre, Robert Fico.

Le président du Parlement européen Antonio Tajani a condamné le meurtre.

"L'UE ne peut pas accepter qu'un journaliste soit tué pour avoir fait son travail. J'appelle les autorités slovaques à lancer une enquête minutieuse avec un soutien international si nécessaire", a écrit M. Tajani sur son compte Twitter.

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a réclamé "l'ouverture d'une enquête afin de comprendre les circonstances exactes de la mort".