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Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a affirmé mardi que la mort d'un jeune écologiste lors d'affrontements sur le site d'un barrage controversé dans le sud-ouest, qui a provoqué une vive émotion en France, n'était "pas une bavure" des forces de l'ordre.

Interrogé sur le fait de savoir s'il s'agissait d'une bavure, sur la chaîne de télévision parlementaire Public Sénat, M. Cazeneuve a répondu: "Non, il ne s'agit pas d'une bavure" précisant "on ne peut pas présenter les choses ainsi".

"On n'est pas au terme de l'enquête", a souligné le ministre. "L'enquête établira les conditions dans lesquels les évènements se sont produits", a-t-il dit, qualifiant M. Fraisse, un étudiant de 21 ans, de "pacifique".

Cette mort est la première dans le contexte d'une manifestation réprimée par la police en France métropolitaine depuis celle de Malik Oussékine, un étudiant de 22 ans matraqué par des policiers à moto le 6 décembre 1986 à Paris en marge d'une manifestation contre un projet de réforme universitaire.

"Les circonstances n'ont rien à voir l'une avec l'autre", a réagi le ministre à qui le journaliste de Public Sénat, qui doit diffuser l'entretien dans la soirée, rappelait la mort de Malik Oussékine.

"C'est un échec de la société car il y a trop de violence", a estimé Bernard Cazeneuve.


François Hollande veut faire "toute la vérité, sur ce qui s'est passé"

La thèse d'une grenade lancée par les gendarmes est privilégiée dans l'enquête sur la mort d'un manifestant tué lors d'affrontements dans le sud-ouest de la France, a annoncé mardi le procureur d'Albi.

Des traces de TNT, un explosif entrant dans la composition des grenades, ont été retrouvées sur les vêtements de Rémi Fraisse, 21 ans, tué dans la nuit de samedi à dimanche sur le site d'un barrage contesté à Sivens, a indiqué le procureur Claude Dérens à la presse.

"La mise en oeuvre d'un explosif militaire de type +grenade offensive+ semble acquise au dossier", a dit le magistrat, précisant que "le TNT figure dans la composition des charges des grenades lacrymogènes ou offensives utilisées par les gendarmes".

Selon une source sécuritaire, les grenades offensives provoquent un effet de souffle mais ne sont pas destinées à tuer.

Lundi, le procureur avait annoncé que le décès était "vraisemblablement" dû à une "explosion" qui avait arraché une partie du dos de Rémi Fraisse.

Le président François Hollande a promis mardi "toute la vérité, sur ce qui s'est passé" et a appelé à "la responsabilité de chacun", alors que des dirigeants écologistes ont mis en cause les forces de l'ordre dans la mort du jeune manifestant.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait parlé de "violences inacceptables" commises par les manifestants sur le site du barrage où manifestaient des mouvements écologistes et des petits groupes radicaux.

Les accusations de "violences policières" ont suscité depuis dimanche une vague de manifestations, voire de heurts, dans plusieurs villes de France.

Libération a diffusé des images tournées et réalisées par un jeune activiste, des images qui "précèdent la mort de Rémi Fraisse". L'activiste assure que "les images ont été tournées samedi peu avant 17h".