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Après huit ans de pontificat, Benoît XVI a cessé d'être pape jeudi à 20h, quand a pris effet sa démission, la première d'un chef de l'Eglise catholique depuis 700 ans.

Le pape avait annoncé le 11 février qu'il renoncerait à sa charge sans cérémonie particulière, le 28 février. Seuls signes visibles de la fin du pontificat: des gardes suisses ont rangé leurs hallebardes puis fermé la grande porte de la résidence papale de Castel Gandolfo tandis que le drapeau du Vatican flottant au-dessus de la villa était abaissé.

Derrière un mur de caméras et d'appareils photo, de nombreux curieux et fidèles qui assistaient à ce moment historique, ont longuement applaudi le pontife aux cris de "Viva il papa".

Les derniers mots du pape

Les derniers mots du pape Benoît XVI au balcon de la résidence pontificale de Castel Gondolfo: "A partir de 20H ce soir je serai un simple pèlerin qui achève la dernière partie de son pèlerinage". "Avec toutes mes forces je voudrais continuer de travailler pour le bien de l'Eglise et le bien du monde" (...) "Du fond du coeur, vous avez ma bénédiction".

Vers 17h30, arrivé à Castel Gondolfo, le pape a traversé les jardins de la villa pour se rendre à ses appartements. Avec leurs 55 hectares, la résidence et ses jardins sont à eux seuls plus étendus de 11 hectares que le Vatican. Peu avant, Benoît XVI, accueilli sur le tarmac par le directeur des villas pontificales, Saverio Petrillo, montait en voiture en direction de cette propriété pontificale depuis 1596.

L'hélicoptère, de couleur blanche, avec lequel le Pape s'est envolé appartient à la République italienne mais est orné d'un drapeau aux couleurs du Saint-Siège. Il se dirigeait vers Castel Gondolfo. Voici ce que le Pape a tweeté juste avant de quitter le Vatican.

La place principale de Castel Gandolfo était "noire de monde", rapporte Eleanor Ide, journaliste AFP présente sur place. Des centaines de pélerins, de religieuses, de prêtres et d'habitants de ce bourg de 9.000 habitants attendaient les adieux définitifs du pape.

"Parmi vous se trouve le prochain pape, auquel je promets déférence et obéissance inconditionnelles", a lancé le pape lors d'une brève allocution, assurant qu'il serait proche d'eux "par la prière" lors du prochain Conclave.

En tenue d'apparat avec la mosette (capeline) sur les épaules, Benoît XVI a reçu ce matin 144 cardinaux de la Curie et des cinq continents dans la solennelle Salle Clémentine du Vatican. Ceux-ci l'ont salué en baisant l'anneau papal.

C'est une journée historique pour le Vatican: Benoît XVI, pape depuis avril 2005, abdique ce soir à 20H à Rome, un événement quasiment inédit en 2000 ans d'histoire de l'Eglise caholique. A 85 ans, Joseph Ratzinger doit se retirer pour deux mois à Castel Gandolfo, la résidence d'été des papes, pour échapper au brouhaha médiatique entourant l'élection de son successeur

Plus tôt ce jeudi...

Le pape Benoît XVI a promis jeudi son "obéissance inconditionnelle" à son successeur, lors d'une cérémonie d'adieu aux cardinaux dans la prestigieuse Salle Clémentine du Vatican.

"Parmi vous se trouve le prochain pape, auquel je promets déférence et obéissance inconditionnelles", a-t-il déclaré dans une brève déclaration à quelques heures de la prise d'effet de sa démission historique, en ajoutant qu'il serait proche d'eux "par la prière" lors du prochain conclave.

Joseph Ratzinger a reparlé de "moments très beaux et de moments où il y a eu quelques nuages dans le ciel", pendant les huit ans de son pontificat, faisant allusion aux scandales nombreux qui l'ont émaillé.

Portant sur les épaules la mosette (courte pèlerine) rouge bordée de fourrure blanche, il a souhaité que les cardinaux soient "un orchestre" dont "les diversités concourent à l'harmonie" de la réalité plus élevée de l'Eglise.

Il a exprimé ses remerciements pour "la proximité", "les conseils" et la "grande aide" qu'ils lui ont procurés. Il les a invités à être "dociles" à l'Esprit Saint. "Nous avons donné de l'espérance, qui venait du Christ" au monde pendant ces huit années, a-t-il ajouté.

Le pape a tenu à exprimer "ce qui lui tenait particulièrement à coeur": que "l'Eglise n'est pas une institution mais une réalité vivante", et que "son coeur est le Christ (...) et le Christ continue à cheminer dans le temps".

L'Eglise "est dans le monde mais n'est pas du monde", a-il encore ajouté. Assis sur des fauteuils en face de lui, les princes de l'Eglise avaient le visage grave. Ils se sont ensuite levés pour aller le saluer. Quelques cardinaux étaient courbés par l'âge ou en fauteuil roulant. Beaucoup pleuraient ou étaient au bord des larmes, en baisant l'anneau papal, en lui serrant les mains et en échangeant quelques mots.

Le pape était arrivé dans la Salle Clémentine à petits pas, les traits tirés par la fatigue, et s'était assis sur un petit trône doré recouvert de velours rouge. Il pouvait voir en face de lui une superbe fresque montrant la barque de l'Eglise dans la tempête. Thème auquel il a fait allusion devant 150.000 fidèles, mercredi, lors de ses adieux sur la place Saint-Pierre.

Le doyen du Sacré collège, le cardinal Angelo Sodano, lui a rendu hommage: "avec une grande fébrilité, les pères cardinaux présents à Rome se rassemblent aujourd'hui autour de vous, pour vous manifester encore une fois leur profonde affection pour votre témoignage d'abnégation dans le service apostolique, pour le bien de l'Eglise du Christ et de l'humanité entière".

L'ancien bras droit de Jean Paul II a remarqué: "Vous vous apprêtez à nous laisser, en attendant que le gouvernail de la barque de Pierre passe en d'autres mains. La continuité apostolique se poursuivra, celle que le Seigneur a promis à son Eglise".

Le pape doit renoncer à sa charge à 19H00 GMT.