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Les dessins d'un ancien prisonnier nord-coréen, ayant passé six ans dans les goulags, viennent illustrer et compléter le récent rapport de l'ONU sur les pratiques de la Corée du Nord et les nombreux crimes contre l'humanité qui l'accablent, rapporte Gawker.

Les huit dessins de Kim Kwang-il décrivent de nombreuses scènes de torture, mauvais traitements et images de mort.

Pour l'ONU, "les personnes qui sont retenues dans ces camps, ceux qui essayent de s'enfuir du pays, les chrétiens, et toutes les personnes considérées comme subversives subissent des crimes contre l'humanité."

Le rapport de l'ONU est donc aujourd'hui illustré par les croquis de Kim Kwang-il.

"Il devait ramper à l'intérieur d'une cellule qu'il partageait avec 40 autres prisonniers, parce que la porte d'entrée ne faisait que 80 centimètres de haut. Les gardes lui ont dit que "quand tu arrives dans cette prison, tu n'es pas un être humain, tu es un animal, et dès que tu arrives ici tu dois ramper, exactement comme les animaux."

"Durant les interrogatoires, les suspects sont constamment intimidés, humiliés et torturés, afin de les soumettre et obtenir une confession intégrale. La configuration de la pièce même est très souvent construite pour intimider les prisonniers."


"Mr. Jeong a également subi la "torture du pigeon". Vos mains sont menottées derrière votre dos. Puis ils vous accrochent au mur de telle manière que vous ne pouvez ni vous asseoir, ni être debout. A plusieurs reprises, Mr. Jeong dû passer trois jours dans la position du pigeon, souffrant atrocement."



"Durant les 10 mois passés en détention, Mr. Jeong a été si peu nourri que son poids a chuté de 75 kilos à 36. Pour le faire parler, Mr. Jeong était battu avec des bâtons pendant qu'il était pendu la tête en bas."


"En mars 2003, un homme quitta son équipe de travail pour aller prendre quelques pommes de terre de la réserve, parce qu'il avait extrêmement faim. Comme il craignait que les gardes ne prennent cela pour une tentative d'évasion, il s'est caché. Les gardes ont alors lâché des chiens pisteurs après lui. Quand ils l'ont trouvé, les chiens l'ont déchiqueté, lacéré en le laissant à moitié mort. Puis les gardes l'ont abattu sur place."


"La chambre de torture était équipée d'un réservoir d'eau pour torturer les prisonniers par la noyade. Il y avait également des chaînes spécialement conçues pour accrocher les prisonniers la tête à l'envers."



"Durant la famine, les rations de nourriture étaient tellement réduites que seuls les adultes travaillant à temps plein au travail forcé recevaient des rations. La grand-mère de Mr. Jeong est morte de faim et sa mère, épuisée, est tombée d'une falaise alors qu'elle tentait de se nourrir de plantes sauvages comestibles."


"Les prisonniers étaient amenés dans les camps via des wagons de trains conçus à la base pour le transport de bétail. Il y avait six wagons remplis de gens. Et ces wagons sont arrivés et repartis des camps six jours de suite. Des milliers de personnes ont donc été emmenées là-bas."

Pour la Commission d'enquête de l'ONU, "des centaines de milliers de prisonniers politiques ont péri dans des camps pendant les 50 dernières années", "graduellement éliminés par des famines délibérées, le travail forcé, les exécutions, la torture, les viols et le refus des droits de reproduction appliqués par des punition, des avortements forcés et des infanticides" ; rapporte l'AFP .

D'après les trois juristes internationaux qui la composent, "80.000 à 120.000 prisonniers politiques sont encore détenus dans quatre grands camps prisons pour les politiques".