International

Sisa Abu Daooh a enfin décidé de lever le voile sur qui elle était vraiment. Après avoir passé plus de 43 ans dans la peau d'un homme pour pouvoir nourrir sa famille, elle s'est en effet confiée dans un reportage de CBC traduit par nos confrères du Monde

Ce déguisement, elle a été obligée de l'enfiler lorsqu'elle a perdu son mari et, par la même occasion, toute source de revenu. Etant donné que le travail des femmes était interdit, elle a décidé de s'habiller comme un homme et d'enchaîner les boulots manuels éreintants. "J'ai préféré travailler dur, porter des briques ou des sacs de ciment, cirer des chaussures, plutôt que de mendier dans la rue pour gagner de quoi vivre et faire vivre ma fille et ses enfants", explique la dame âgée.

Si la supercherie n'a pas été détectée, c'est avant tout parce que Sisa a travaillé dans des villages où personne ne la connaissait. Tous les jours, elle devait donc se lever à 6 heures du matin pour gagner tout juste assez d'argent pour que sa famille ne meure pas de faim. Un travail qu'elle n'a toujours pas arrêté. Elle se rend ainsi chaque jour à la gare de Louxor en espérant se faire un peu d'argent en cirant les chaussures des passants.

Suite à cette révélation, le gouvernement égyptien l'a qualifiée de "mère idéale". Sa ville lui a même décerné un prix.

Mais le travail des femmes reste toujours un problème bien réel étant donné que, selon Le Monde, la Fondation Thomson Reuters classait l'Egypte première dans son classement des pires pays du monde arabe pour les femmes.