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Véritable coup d'éclat ce jeudi au Parlement en Australie.

Venue y réclamer l'interdiction de la burqa, Pauline Hanson s'est rendue à l’hémicycle vêtue de cet habit religieux. Le corps et le visage de l'élue du parti nationaliste One Nation étaient donc entièrement recouverts. Une provocation qui a rapidement agacé ses collègues. Après quelques minutes, la sénatrice a décidé d'ôter le vêtement polémique.

"Je suis contente d'enlever ce vêtement, car il ne devrait pas avoir sa place dans ce parlement", scande-t-elle. "Si quelqu'un se présente devant une banque ou un autre bâtiment vêtu d'une cagoule ou d'un casque, on lui demandera de l'enlever. Pourquoi n'est-ce pas le cas lorsque quelqu'un se couvre le visage et ne peut pas être identifié ?"

© AP

La réponse du ministre de la Justice australien n'a pas tardé : "Je ne vais pas faire semblant d’ignorer votre petit numéro. Nous savons tous ici que vous n’êtes pas musulmane. Je vous invite respectueusement à être très, très prudente avec votre comportement, qui pourrait heurter la sensibilité religieuse d’autres Australiens (...) Ridiculiser cette communauté, la mettre au ban de la société, se moquer de ses vêtements religieux est épouvantable, et je vous demande de réfléchir à ce que vous avez fait".

Depuis plusieurs années, le discours de Pauline Hanson cible les musulmans et la construction de mosquées. Il y a quatre ans, elle avait d'ailleurs assimilé l'islam à un pays lors d'une interview : "Je n'ai rien contre l'islam en tant que pays, mais j'ai vraiment le sentiment que leurs lois ne devraient pas être acceptées ici en Australie". Rapidement, son nouveau surnom a fait le tour de l'Australie : la "Sarah Palin australienne", en référence à l'ex-colistière du candidat républicain John McCain qui avait multiplié les gaffes lors de la campagne présidentielle américaine en 2008.