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Il y a trois ans à peine, alors qu'il était secrétaire général adjoint de l'Elysée, il était inconnu du grand public. Aujourd'hui, il est amené à diriger la France. Emmanuel Macron, ancien haut fonctionnaire et banquier d'affaires, est un ovni politique qui est parvenu, sans appareil de parti, à accéder à à la présidence de la République tout en bousculant les formations historiques que sont le Parti socialiste et Les Républicains.

Mais qui est-il vraiment ? Très peu d'éléments de sa personnalité ont été exposés jusqu'à présent. Anne Fulda, journaliste au Figaro, s'est penchée sur la question en interrogeant, trois mois durant, des proches et connaissances du plus jeune locataire de l'Elysée. Elle en tire une enquête biographique intitulée "Emmanuel Macron, un jeune homme si parfait" (Editions Plon). Anne Fulda est l'Invitée du samedi de LaLibre.be.

Vu tous les éléments que vous avez pu recueillir durant cette enquête de trois mois, êtes-vous surprise que Macron soit devenu président de la République ?

Pas vraiment. Tout au long des entretiens que j'ai menés avec ses proches, est apparue la révélation d'une extrême détermination, à laquelle il faut ajouter une inébranlable confiance en lui. Ça ne suffit pas mais ça aide beaucoup. Et ça explique son parcours incroyable. Petit déjà, il aimait parler en public, il préférait les livres au sport, la joute verbale à la confrontation physique…

A-t-il une personnalité qui convienne pour exercer cette fonction ?

Deux facettes de sa personnalité semblent antagonistes et on peut se demander laquelle prendra le dessus. D'abord, il a un côté très conciliateur, qui n'aime pas cliver. Jacques Attali (NdlR : ancien conseiller de François Mitterrand) me disait : "Il aime être porteur de bonnes nouvelles". Il aime trouver dans le regard des autres la reconnaissance et la satisfaction. D'un autre côté, il a su montrer plusieurs fois qu'il pouvait aller vers la confrontation et trancher de manière radicale. Il a d'ailleurs opéré des choix radicaux et risqués dans les changements d'orientation dans sa carrière. Il sait aussi prendre des paris. Un de ses amis dit de lui qu'il fait souvent 'tapis' dans sa vie. Il prend des paris fous et ça marche pour l'instant...

Il n'hésite pas non plus à planter un coup de poignard dans le dos de certains qui lui ont fait confiance, comme François Hollande. Se sert-il des gens ?


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