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Une femme kamikaze s'est faite exploser lundi dans une foule de pélerins, tuant au moins 43 personnes dans la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad, ont annoncé la police et des sources médicales. Un responsable de l'hôpital de Kerbala, parlant sous le couvert de l'anonymat, a indiqué à l'AFP que le bilan de cet attentat, le plus meurtrier depuis près d'un an dans cette ville située à 110 km de la capitale irakienne, était de 43 tués et 73 blessés.

Il est survenu alors que le vice-président américain Dick Cheney est en visite en Irak pour mesurer les progrès réalisés dans le domaine de la sécurité et encourager les responsables irakiens à faire plus pour la réconciliation politique. L'explosion s'est produite en fin d'après-midi à une centaine de mètres de la mosquée de l'imam Hussein, figure majeure de la communauté chiite, majoritaire en Irak. Ce mausolée est un haut lieu de dévotion et de pélerinage. Selon un responsable de la police, parlant sous couvert de l'anonymat, une femme s'est faite exploser au milieu des fidèles, toujours nombreux sur la vaste esplanade qui relie la mosquée de l'imam Hussein à celle d'une autre figure du chiisme, l'imam Abbas.

Selim Kazem, porte-parole du département de la santé, a indiqué à l'AFP que sept pèlerins iraniens se trouvaient parmi les blessés Selon un correspondant de l'AFP, l'explosion a été très puissante et a projeté des victimes avec force à bonne distance. "Des morceaux de chair brûlée et des membres déchiquetés sont éparpillés sur le sol, et beaucoup de victimes ont été carbonisées", a-t-il précisé. Il a indiqué que de nombreuses ambulances avaient fait la navette entre le lieu de l'attentat et les hôpitaux de la ville, et que la police était présente en force dans les rues. Une interdiction de circuler a été imposée pour les voitures et les piétons dans le centre de la ville pour une durée indéterminée, a annoncé la police.

Le 28 avril 2007, une voiture piégée avait fait au moins 70 tués et 160 blessés dans le centre Kerbala, près du mausolée de l'imam Abbas. Deux semaines auparavant, un attentat près de la mosquée de l'imam Hussein avait fait 42 tués et des dizaines de blessés. Kerbala a été également le théâtre d'affrontements entre les miliciens du chef radical chiite Moqtada Sadr et les forces de sécurité irakiennes, qui ont fait une cinquantaine de tués au mois d'août 2007. Moqtada Sadr avait ensuite annoncé une trève unilatérale des activités de sa milice, l'armée du Mahdi, l'une des plus puissantes en Irak avec 60.000 combattants.

Cet attentat meurtrier est la quatrième attaque majeure depuis le début du mois de février en Irak, où la violence avait connu une décrue significative dans les derniers mois de 2007. Le 13 mars, au moins dix-huit personnes ont été tuées dans un attentat suicide à la voiture piégée commis en plein centre de Bagdad. Le 6 mars, un double attentat commis sur l'une des principales avenues commerçantes historiques de la ville avait fait au moins 68 morts. Le 1er février, au moins 98 personnes avaient été tuées et 208 blessées dans deux attentats suicide perpétrés par des femmes sur des marchés de Bagdad. Ces attentats ont été attribués par l'armée américaine à Al-Qaïda.

Dimanche, un porte-parole du commandement américain en Irak avait indiqué que les vestes d'explosifs étaient devenues l'arme favorite des combattants d'Al-Qaïda en Irak. "Le recours à des kamikazes portant des vestes d'explosifs a augmenté", avait déclaré le contre-amiral Gregory Smith. "Fin 2007, ils étaient 8 à 10 par mois. En février, il y en a eu 18", a-t-il précisé.