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Jeunes ou moins jeunes, des milliers de Chinois ont manifesté samedi leur patriotisme en scandant «A bas le Japon» dans les rues de Shanghai, tandis que certains d’entre eux se sont défoulés contre le consulat ou d’autres symboles japonais.

Parties de Renmin Guangchang (La place du peuple), environ 2.000 personnes se sont ébranlées vers neuf heures locales dans une ambiance bon enfant. Les manifestants, venus parfois en famille mais dont beaucoup était des jeunes, ont été rejoints tout au long du parcours par d’autres groupes.

De nombreux badauds, souvent âgés, s’attardaient sur les trottoirs au passage du défilé sur l’avenue Yanan et applaudissaient les manifestants.

Les banderoles et pancartes arborées par les manifestants contrastaient par leur agressivité avec l’atmopshère de sortie de week-end du défilé.

Beaucoup montraient le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi travesti en cochon ou en chien, et sur une autre sa tête plongée dans des toilettes.

Enfin, des tracts appelaient au boycott de nombreux produits japonais, des voitures à l’électronique en passant par les cosmétiques.

Ce mouvement «est une façon de montrer au monde comment le Japon se comporte avec la Chine», selon Wen Bo, étudiant en gestion à l’Université de Shanghai.

Wen reconnaît toutefois que la présence japonaise présente aussi des avantages.

«Les Japonais ont beaucoup investi en Chine. C’est bon pour les affaires», a déclaré le futur homme d’affaires.

Une heure et demie après le départ, le cortège, qui comptait alors autour de 10.000 personnes, est arrivé devant le consulat, gardé par un millier de membres de la Police armée populaire, une unité paramilitaire chargée de la protection des missions diplomatiques en Chine.

Une formation compacte d’une quinzaine de rangées de 60 à 70 hommes qui avait pris la place devant les grilles du bâtiment est restée face à face pendant environ deux heures avec les manifestants en tête cortège.

Les forces de l’ordre, qui ont reçu des renforts tout au long de l’après-midi, n’ont procédé à aucune interpellation et intervenaient de temps à autre pour créer des espaces vides au milieu de la foule.

Lorsque deux manifestants sont parvenus à marcher sur les casques des soldats, ils ont simplement été ramenés à terre et repoussés dans la foule. A un moment, les soldats ont essuyé des jets de bouteilles en plastique mais n’ont pas bronché.

Pendant ce temps, des protestataires massés devant le consulat ont jeté de nombreux projectiles sur la facade de trois étages de la mission diplomatique, qui était couverte en fin d’après-midi d’oranges et sacs de peinture éclatés, d’impacts de pierres et comptait au moins quatre ou cinq vitres brisées.

Les jets les réussis étaient systématiquement acclamés par les autres manifestants et les badauds venus pour assister au spectable.

A proximité, une voiture, de marque japonaise selon la police, avait été retournée par des manifestants.

Vers 17h30, un millier de manifestants et un nombre plus important de forces de l’ordre étaient encore rassemblés devant la mission diplomatique.