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CORRESPONDANT DANS LES BALKANS

En remportant la mairie de Novi Sad, Maja Gojkovic, une avocate de 41 ans, a ce week-end offert à l'extrême droite serbe sa 1evictoire à un scrutin majoritaire. Depuis sa fondation en 1991, le Parti radical serbe (SRS) a participé aux différents gouvernements de l'époque Milosevic, et il dispose toujours d'un important groupe parlementaire, mais aucun candidat radical n'avait jamais réussi à obtenir plus de 50 pc des suffrages sur son nom. Députée au Parlement de l'Union de Serbie et Monténégro, vice-présidente de son parti, Maja Gojkovic est aussi la principale conseillère juridique de Vojislav Seselj, le chef historique des Radicaux, en instance de jugement devant le Tribunal pénal international de La Haye.

Les Radicaux remportent également une quinzaine de mairies dans le pays, dont celles de Kikinda, Sid ou Temerin, des villes assez importantes de Voïvodine. La victoire des Radicaux augure mal de l'avenir de la Voïvodine, où des incidents interethniques s'étaient multipliés ces dernières semaines. La province connaît une dangereuse polarisation, puisque les communautés nationales minoritaires ont très largement voté pour les partis d'orientation démocratique, tandis que les Serbes, qui représentent 56 pc de la population de la province, plébiscitaient les Radicaux.

Un démocrate à Belgrade

Le Parti démocratique (DS), la formation de l'ex-Premier ministre assassiné Zoran Djindjic et du nouveau Président de la République Boris Tadic, sauve l'honneur en remportant, mais de justesse, la mairie de Belgrade. Son candidat, Nenad Bogdanovic, n'obtient que 50,3 pc des suffrages contre son adversaire radical. Le nouveau maire de Belgrade a promis de faire de la capitale serbe «la métropole de l'Europe du sud-est».Le Premier ministre Vojislav Kostunica compte au rang des grands perdants des élections locales, puisque sa formation n'obtient presque aucune municipalité. Le politologue Vladimir Goati estime que le gouvernement a «perdu sa légitimité», et souligne que la «cohabitation» entre le président Tadic et le gouvernement Kostunica risque de devenir de plus en plus difficile.

© La Libre Belgique 2004