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L'Eglise de scientologie (1) a annoncé jeudi avoir lancé un appel aux Nations unies pour qu'elles interviennent face à ce qu'elle qualifie de «campagne d'intimidation et de harcèlement des autorités belges à l'égard de ses paroissiens et d'un de leurs organes baptisé European Human Rights Office».

L'Eglise de Scientologie accuse effectivement, dans un communiqué, le gouvernement belge de conduire une «investigation politiquement motivée» ayant pour objectif d'empêcher les membres de l'Eglise de pratiquer leur religion.

«Depuis les perquisitions opérées le 30 septembre 1999 par 120 membres de la cellule antiterroriste de la gendarmerie, nos ministres sont dans l'incapacité d'assurer le progrès spirituel de leurs paroissiens», explique Marc Bromberg, du Bureau européen des droits de l'homme et des affaires publiques de l'Eglise de Scientologie. «Les quelque 2.000 dossiers confisqués contiennent en effet des informations essentielles sur l'évolution spirituelle de nos membres. Nous priver de ce matériel constitue à nos yeux une violation grave des droits de l'homme. Et nous ne sommes pas les seuls à être concernés par ces discriminations.»

Pour rappel, ces perquisitions, lancées par Jean-Claude Van Espen, avaient été menées à la suite d'une plainte pour escroquerie et abus de confiance déposée par une ancienne adepte en 1997 au parquet de Bruxelles.

UNE ACTION «SPECTACULAIRE»

Dans son communiqué, l'Eglise de Scientologie indique que William C. Walsh, un avocat de Washington qui la conseille au niveau international, a rédigé une lettre de 16 pages à destination de Mme

Robinson, haut commissaire de l'Onu pour les droits de l'homme, et du professeur Amor, rapporteur spécial de l'Onu sur la liberté religieuse. D'après W. Walsh, des mesures «draconiennes», telles que celles prises par l'Etat belge à l'égard de la Scientologie, «ont un effet corrosif sur les principes de liberté religieuse et de justice équitable, et n'ont pas leur place dans une société démocratique».

«Cela fait deux ans que nous réclamons en vain les 2.000 dossiers confisqués, poursuit Marc Bromberg. Il était temps pour nous de passer à quelque chose de plus spectaculaire. Nous espérons une réaction énergique et rapide du Haut commissariat aux droits de l'homme. Bref, une réaction qui soit bien plus qu'un simple accusé de réception.»

Au cabinet du ministre Verwilghen, on refuse de prendre position pour le moment, tout en s'étonnant que l'Etat belge soit finalement le dernier informé.

(1) Fondée en 1954 par Lafayette Ron Hubbard, ingénieur et auteur de science-fiction, la Scientologie prétend, grâce aux principes de la «dianétique», permettre à l'homme de guérir lui-même ses troubles en libérant son esprit asservi.

© La Libre Belgique 2001