International

Une responsable de la banque centrale américaine a tiré la sonnette d'alarme vendredi sur le gonflement de l'endettement américain, qui va coûter plus cher en taux d'intérêt et ralentir en fin de compte la croissance.

Dans un discours à Pittsburgh (Pennsylvanie), Loretta Mester, la présidente de l'antenne régionale de la Fed de Cleveland (midwest) a affirmé que l'alourdissement de la dette "pourrait limiter les investissements productifs du secteur privé et du gouvernement, donc abaisser la productivité et la croissance à long terme".

L'administration Trump a fait adopter des mesures de relance qui vont creuser le déficit budgétaire de 1.600 milliards de dollars sur dix ans, a-t-elle rappelé.

"Ces niveaux toujours plus hauts d'endettement du gouvernement signifient qu'une plus grande part des dépenses de l'Etat iront au paiement des intérêts de la dette", a estimé Mme Mester, qui est un membre votant cette année du Comité de politique monétaire de la banque centrale.

"Alors que 40% de la dette publique libellée en bons du Trésor est détenue par des étrangers, ces paiements d'intérêt ne seront pas forcément réinvestis aux États-Unis", ajoute-t-elle.

La responsable s'inquiète aussi du fait qu'un fort endettement va réduire la capacité du budget de l'État à prendre des mesures de soutien à l'économie en cas de récession.

Les responsables politiques devraient se pencher sur la solution à cet endettement "pendant que l'économie est en bonne santé", a-t-elle plaidé.

Mme Mester a également évoqué les conséquences des menaces de guerre commerciale qui, si elles étaient avérées, pourraient conduire "les investisseurs à réévaluer leurs perspectives économiques pour le pays".

"Les tarifs sur les importations d'acier et d'aluminium, la rhétorique qui suggère une escalade de représailles sur certains biens échangés entre la Chine et les Etats-Unis et les négociations toujours en cours sur l'Aléna sont autant de nuages dans le paysage. Ces nuages ne vont pas se dissiper rapidement", a-t-elle déploré, notant que les marchés avaient déjà réagi en montrant une nouvelle volatilité, notamment à la bourse, depuis février.