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Une nouvelle femme a accusé lundi après-midi Roy Moore d'agression sexuelle, à l'occasion d'une conférence de presse. Jusque dans le camp du controversé républicain, les appels se multiplient, en parallèle, pour qu'il se retire de la course au poste de sénateur pour l'Alabama. Moore avait eu les faveurs de l'électorat républicain de cet Etat lors d'une primaire sénatoriale face au candidat soutenu par Donald Trump, fin septembre. Il devrait donc faire face, le 12 décembre prochain, au candidat démocrate Doug Jones. Le Washington Post avait déjà publié cette semaine le témoignage d'une femme affirmant avoir été victime d'attouchements au domicile de Roy Moore en 1979, alors qu'elle n'avait que 14 ans. Le quotidien relayait également les récits de trois autres femmes, qui témoignaient avoir chacune eu des rendez-vous avec celui qui était alors procureur adjoint - alors qu'elles étaient âgées de 18 ans ou moins - mais pas de contacts sexuels.

Lundi, une autre femme, Beverly Nelson, 55 ans, a affirmé lors d'une conférence de presse à New York que Roy Moore l'avait agressée sexuellement un soir de janvier 1978, alors qu'elle avait 16 ans. Elle a indiqué qu'il avait tenté de la violer dans sa voiture. Selon cette femme, qui était alors serveuse dans un restaurant de Gadsden (Alabama), Roy Moore l'aurait subitement agrippée par la nuque pour la forcer à lui faire une fellation. Beverly Nelson dit s'être furieusement débattue avant que le magistrat, qui avait alors 30 ans, ne renonce. Il l'aurait ensuite prévenue que si elle racontait les faits à qui que ce soit, "personne ne la croirait".

En vertu des lois de l'Alabama, les faits allégués sont prescrits au civil comme au pénal. La désormais quinquagénaire Beverly Nelson a toutefois demandé, par la voix de son avocate, que la commission judiciaire du Sénat convoque une audition dans les deux semaines pour lui permettre de témoigner, ainsi que les quatre autres femmes qui ont accusé Roy Moore.

Avant même cette nouvelle accusation lundi, le chef de file républicain au Sénat Mitch McConnell avait déclaré que Roy Moore devait "se retirer" sans condition de la course au Sénat. "Je crois les femmes", a déclaré lundi le puissant chef républicain. A Washington, de plus en plus de voix républicaines s'élèvent pour demander à l'ancien magistrat de renoncer à briguer un siège au Sénat. Le numéro deux républicain à la chambre haute, John Cornyn, lui a ainsi aussi retiré son soutien.