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La police américaine a arrêté jeudi un homme qui avait proféré des menaces de mort contre des employés du journal Boston Globe, qu'il considérait comme un "ennemi du peuple", a indiqué le procureur fédéral de Boston. 

L'homme, identifié comme Robert Chain, 68 ans, originaire de Californie, devait être déféré devant un juge fédéral de Los Angeles jeudi, pour lui signifier le chef d'accusation de "communications menaçantes" retenu contre lui.

En cas de condamnation, il risque au maximum 5 ans de prison et 250.000 dollars d'amende.

Selon le procureur, M. Chain a passé au total 14 appels menaçants au grand quotidien de Boston entre le 10 et le 22 août.

Ses appels semblent avoir été déclenchés par l'annonce par le journal, le 10 août, qu'il allait publier, avec plus de 200 groupes de presse, une réponse aux multiples attaques contre les médias lancées par Donald Trump.

La contre-attaque des journaux, intitulée "Les journalistes ne sont pas des ennemis", a été publiée le 16 août. Elle accusait le président de "mensonges" et le comparait à un "charlatan".

Le président américain les accuse régulièrement de désinformation, allant jusqu'à les qualifier d'"ennemis du peuple".

Dans ses appels, Chain aurait lui aussi qualifié le Boston Globe d'"ennemi du peuple", et menacé de tuer ses employés.

Le jour de la publication de la contre-attaque, il a de nouveau appelé et menacé de tirer, le jour-même, à 16h00, "dans la tête" des employés du journal, selon le procureur.

La police avait alors dépêché des agents pour protéger le quotidien.

"Face à une polarisation politique crissante, et la recrudescence de tueries massives, les membres du public doivent contrôler leur rhétorique politicienne. Sinon, nous nous en chargerons", a déclaré le procureur, Andrew Lelling, évoquant alertes à la bombe, menaces de mort et offres de récompense pour le meurtre de policiers sur lesquels a enquêté son bureau ces derniers mois.

Dans un document déposé auprès de la justice, le Boston Globe a indiqué que M. Chain avait déclaré lors d'un de ses appels: "Tant que vous continuerez à attaquer le président, le président légitimement élu des Etats-Unis, dans la continuation de vos actes de trahison et de sédition, je continuerai à menacer, harceler et irriter le Boston Globe".