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L'ancien président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, estime que les Britanniques doivent assumer les conséquences pleines et entières de leur choix de quitter l'Union européenne. "Nous défendrons à partir de maintenant nos intérêts, ce qui est avantageux pour les 27. Ce n'est pas pas une question de vengeance mais nous sommes ce que nous sommes et ils sont ce qu'ils sont", a-t-il déclaré dans l'émission "Ter Zake" (Canvas). M. Van Rompuy s'est dit "fâché et triste" devant ce résultat. "Fâché parce que ce referendum n'aurait jamais dû se dérouler. C'est peut-être aussi la fin du Royaume-Uni. Triste parce que je suis un Européen depuis mes 15 ans. Ce n'est pas la fin de l'Union européenne mais je ressens quelque chose de l'ordre de l'amputation".


Merkel: le Brexit est un "coup porté à l'Europe"

La chancelière Angela Merkel a regretté vendredi le "coup porté à l'Europe" par le Brexit et mis en garde contre toute réaction hâtive de l'UE, invitant à Berlin lundi pour en débattre les dirigeants français et italien ainsi que le président du Conseil européen. "C'est avec regret que nous prenons acte de la décision de la majorité de la population britannique (...) c'est un coup porté à l'Europe, un coup porté au processus d'unification européenne", a-t-elle dit dans une déclaration à la presse.

Mais pour la chancelière allemande, la portée du Brexit pour le reste de l'Europe va dépendre de la capacité des 27 Etats restant dans l'Union européenne à ne "pas tirer des conclusions rapides et simples du référendum en Grande-Bretagne, qui diviseraient encore plus l'Europe".

Selon elle, ils doivent "analyser la situation avec calme et retenue, l'évaluer et ensuite prendre ensemble les bonnes décisions".

A cette fin, Mme Merkel, devenue en dix ans au pouvoir la figure clé au sein de l'Union européenne, a invité lundi à Berlin le président français François Hollande, le Premier ministre italien Matteo Renzi et le président du Conseil européen Donald Tusk.

"L'Allemagne a un intérêt tout particulier et une responsabilité particulière à faire en sorte que l'unification européenne réussisse", a-t-elle dit pour expliquer cette invitation.

"Nous sommes de plus en plus confrontés à des populations qui ont des doutes quant à la direction qu'a pris le processus d'unification européenne", a-t-elle noté, "nous devons nous assurer que les citoyennes et citoyens sentent combien l'UE participe à l'amélioration de leurs vies personnelles".

Mme Merkel doit par ailleurs faire mardi un discours devant le Bundestag, la chambre basse du Parlement, pour présenter sa position avant le sommet des dirigeants européens de mardi et mercredi.

La chancelière a par ailleurs rappelé que le fondement de la construction européenne était "une idée de paix" et que "les valeurs de liberté, démocratie et d'Etat de droit" ainsi que les "intérêts" diplomatiques et économiques de l'Europe ne peuvent être défendus qu'ensemble.


Selon Juncker, le Brexit n'est pas le début de la fin pour l'Union européenne

Voici les déclarations du président de la Commission européenne lors d'une conférence de presse suite au vote historique britannique en faveur d'un retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.

"J'ai invité les trois présidents au Berlaymont pour évaluer la situation, cette nouvelle situation au sein de l'UE. Nous nous sommes mis d'accord sur une déclaration dont je vous donne lecture.

Dans un processus libre et démocratique le peuple britannique a exprimé son souhait de quitter l'UE. Nous regrettons cette décision, personnellement j'en suis très triste, mais bien évidemment c'est une décision que nous devons respecter. Il s'agit d'une situation sans précédent. Mais nous sommes unis dans notre réponse. Nous resterons forts et nous continuerons à défendre les valeurs clé de l'UE : la promotion de la paix et du bien être de sa population. Une union de 27 États membres continuera à exister. L'Union est le cadre de notre avenir politique commun. Nous sommes liés par l'histoire, la géographie, des intérêts communs et nous allons poursuivre le développement de notre coopération sur cette base. Ensemble nous relèverons nos défis communs : accroître la prospérité et garantir un environnement sûr pour nos citoyens.

A présent, nous nous attendons à ce que le gouvernement du Royaume-Uni donne effet à la décision de son peuple aussi rapidement possible, même si ce processus peut être douloureux. Un retard prolongerait de manière non nécessaire les incertitudes. Nous allons gérer cela de manière ordonnée. L'article 50 du traité décrit la procédure à suivre si un Etat membre décidé de quitter l'UE. Nous sommes prêts à entamer les négociations rapidement avec le Royaume-Uni sur les conditions et critères de son retrait de l'UE. Jusqu'à ce que ce processus soit terminé le RU reste membre de l'UE avec tous les droits et obligations qui lui découlent de ce statut. Le nouveau règlement pour le Royaume-Uni au sein de l'UE qui avait été conclu en février ne prendra pas d'effet et cesse d'exister. Il n'y aura pas de renégociations. Je le répète : il n'y aura pas de renégociations.

J'attends des positions claires, que le processus d'incertitude ne dure pas trop longtemps.

Est-ce le début de la fin? Thank you". (Et quitte la salle sous des applaudissements)


Hollande: "Le vote des Britanniques met gravement l'Europe à l'épreuve"

Le vote des Britanniques en faveur du Brexit "met gravement l'Europe à l'épreuve", qui "ne peut plus faire comme avant" et doit désormais "se concentrer sur l'essentiel", a estimé vendredi le président français François Hollande.

"Le vote des Britanniques met gravement l'Europe à l'épreuve", a déclaré lors d'une allocution officielle M. Hollande, regrettant "profondément ce choix douloureux".

"L'Europe ne peut plus faire comme avant (...). Elle doit montrer dans ces circonstances sa solidité et sa force", a-t-il estimé, s'exprimant à l'issue d'une réunion avec plusieurs membres du gouvernement.

"Le danger est immense face aux extrémismes et aux populismes (...) L'Europe est une grande idée et pas seulement un grand marché, et c'est sans doute à force de l'avoir oublié qu'elle s'est perdue", a poursuivi M. Hollande, assurant notamment que l'UE "doit être comprise et contrôlée par ses citoyens".

Il a confirmé qu'il se rendrait lundi à Berlin pour y retrouver la chancelière allemande Angela Merkel, avant le sommet européen post-Brexit de mardi et mercredi à Bruxelles.

"La France sera donc à l'initiative pour que l'Europe se concentre sur l'essentiel", a promis le président français, citant: "la sécurité", "l'investissement pour la croissance et pour l'emploi", "l'harmonisation fiscale et sociale", ainsi que "le renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique".

"Ce qui se joue, c'est la dilution de l'Europe au risque du repli, ou la réaffirmation de son existence au prix de changements profonds", a conclu le chef de l'Etat français.

S'exprimant peu après, le Premier ministre français Manuel Valls a estimé que la victoire du Brexit était le "révélateur d'un malaise trop longtemps ignoré" au sein de l'UE.

"C'est une déflagration à l'échelle du continent et du monde", a jugé M. Valls, notant toutefois qu'"il faut respecter" le "choix libre des Britanniques".

"Cette sortie, et c'est ma conviction, bouscule les certitudes et impose une réaction collective", a-t-il fait valoir, déplorant que "trop longtemps, on (ait) fermé les yeux sur les avertissements et les doutes exprimés par les peuples européens".

"Nous voyons bien que nous ne pouvons plus continuer comme avant et le risque, c'est la dislocation pure et simple de l'Europe et défaire l'Europe, c'est pour nos nations s'affaiblir considérablement", a mis en garde le Premier ministre.


L'ex-président Sarkozy demande un "nouveau traité" européen

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a demandé vendredi après la victoire du Brexit un "nouveau traité" européen, prévoyant notamment le renforcement des contrôles aux frontières et l'arrêt du processus d'élargissement de l'Union européenne. "Le peuple britannique a choisi" et "la lucidité commande de dire que ce sentiment de rejet est partagé par beaucoup de Français et beaucoup d'autres Européens. Ce qu'a dit le peuple britannique, d'autres peuples en Europe peuvent le dire. Nous ne pouvons, nous ne devons l'ignorer", a souligné M. Sarkozy, lors d'une déclaration.

Evoquant une "crise majeure" de l'Union européenne, le président du parti d'opposition de droite Les Républicains, a jugé "urgente" la question de "sa refondation profonde", par l'élaboration d'un nouveau traité.

"L'Europe peut fonctionner sans les Britanniques et nous avons d'ailleurs du temps pour repenser notre relation avec notre voisin. En revanche, l'Europe désormais à 27 ne peut plus fonctionner de cette manière", a-t-il souligné.

A cette fin, Nicolas Sakozy a demandé "qu'une réunion de chefs d'Etat et de gouvernement européens prenne la décision d'élaborer un nouveau traité qui montrera aux peuples de notre continent que l'Europe est décidée à reprendre son destin en main".

Il suggère de bâtir ce traité sur "cinq piliers": respect des frontières extérieures de l'Europe, mise en place d'un "gouvernement économique de la zone euro", concentration des compétences de l'UE sur "une dizaine de priorités stratégiques" et meilleur fonctionnement institutionnel.

Enfin, "le processus d'élargissement de l'Europe doit être clairement stoppé jusqu'à nouvel ordre (...) La Turquie n'a pas sa place dans l'UE", a insisté Nicolas Sarkozy.


Valls: "révélateur d'un malaise trop longtemps ignoré" au sein de l'UE

Manuel Valls a estimé vendredi à Ris-Orangis (Essonne) que la victoire du Brexit en Grande-Bretagne était le "révélateur d'un malaise trop longtemps ignoré" au sein de l'Union européenne.

"C'est le moment d'être digne des pères fondateurs, de refonder une nouvelle Europe en écoutant les peuples", a déclaré lors d'un déplacement dans l'Essonne le Premier ministre, pour qui "l'Europe ne doit plus intervenir partout, tout le temps".

La victoire du camp du Brexit en Grande-Bretagne, "c'est une déflagration à l'échelle du continent et du monde", a jugé M. Valls, notant toutefois qu'"il faut respecter" le "choix libre des Britanniques".

"Cette sortie, et c'est ma conviction, bouscule les certitudes et impose une réaction collective", a-t-il fait valoir, déplorant que "trop longtemps, on (ait) fermé les yeux sur les avertissements et les doutes exprimés par les peuples européens".

"Nous voyons bien que nous ne pouvons plus continuer comme avant et le risque, c'est la dislocation pure et simple de l'Europe et défaire l'Europe, c'est pour nos nations s'affaiblir considérablement".


Obama: UE et Royaume-Uni resteront des "partenaires indispensables"

Le président américain Barack Obama a pris acte vendredi du Brexit, affirmant que le Royaume-Uni et l'Union européenne resteraient "des partenaires indispensables" des Etats-Unis.

"Les habitants du Royaume-Uni ont parlé et nous respectons leur décision", a indiqué, dans un bref communiqué, M. Obama qui avait pris très clairement position en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'UE.

"La relation spéciale entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni s'inscrit dans la durée", souligne-t-il, ajoutant que la présence du Royaume-Uni au sein de l'OTAN "reste une pierre angulaire" de la politique étrangère américaine.

Insistant sur la relation également cruciale des Etats-Unis avec l'UE, il souligne le rôle joué par l'Union "pour promouvoir la stabilité, stimuler la croissance économique et favoriser la diffusion des valeurs et des idéaux démocratiques à travers le continent et au-delà".

Fin avril à Londres, M. Obama s'était directement investi dans la bataille du référendum en se livrant à un vibrant plaidoyer en faveur du maintien de son allié britannique au sein de l'UE et en mettant en garde contre les conséquences d'un Brexit.

"L'Union européenne ne diminue pas l'influence britannique - elle l'amplifie", avait-il avancé.

Le Royaume-Uni "perdrait de son influence mondiale" s'il décidait de quitter l'UE, avait-il lancé.

"Certains pensent peut-être qu'il y aura un accord de libre échange USA/Royaume-Uni mais cela n'arrivera pas de sitôt (...) Le Royaume-Uni sera en queue de peloton", avait-il prévenu lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre britannique David Cameron.

Ses commentaires avaient été très vivement critiqués par le camp pro-Brexit, qui avait dénoncé l'"ingérence" du président américain et son "hypocrisie".


Ban Ki-moon souhaite que l'UE demeure un "partenaire solide" pour l'ONU

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souhaité vendredi que l'Union européenne "continue d'être un partenaire solide" pour les Nations unies sur les questions humanitaires, la paix et la sécurité, "y compris les migrations", après le Brexit.

Réagissant dans un communiqué à la décision du peuple britannique de sortir de l'UE, il a dit espérer aussi que Londres "continue d'exercer un rôle dirigeant" en matière d'aide au développement.


Renzi: il faut "rénover" la "maison Europe"

Il est désormais essentiel de "rénover" la "maison Europe", a déclaré vendredi le président du Conseil italien Matteo Renzi, au lendemain du vote des Britanniques en faveur d'un retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne. "L'Europe est notre maison (...) nous le disons aujourd'hui plus que jamais, convaincus comme nous le sommes que cette maison doit être rénovée, peut-être rafraîchie, mais c'est notre maison", a affirmé M. Renzi, lors d'une brève allocution devant la presse.

Le monde "a besoin de l'Europe de l'innovation, de l'Europe du courage, de la démocratie, de la culture, de la liberté", a-t-il ajouté.

M. Renzi a confirmé qu'il se rendrait lundi à Berlin pour y retrouver la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande, avant le sommet européen post-Brexit de mardi et mercredi à Bruxelles.

"Il faut faire prévaloir ce qui nous unit sur ce qui nous divise", a encore affirmé le chef du gouvernement italien depuis le palais Chigi, siège de la présidence du Conseil italien.

M. Renzi a également assuré que les institutions européennes disposaient de tous les instruments pour "garantir par tous les moyens la stabilité et la sécurité des épargnants".


Tsipras: le référendum britannique doit servir de "réveil" à l'UE

Le résultat du référendum britannique devra servir de "réveil" à l'UE pour "changer sa politique", au risque d'entrer sinon sur "une voie dangereuse de régression pour nos peuples", a mis en garde vendredi le Premier ministre grec Alexis Tsipras

"Le discours présomptueux des eurocrates enrage les peuples (...), nous avons besoin de changement des politiques et des mentalités pour dresser une barrière à l'euroscepticisme" et aux politiques nationalistes et d'extrême droite, a-t-il martelé devant les médias.

Cette victoire du Brexit doit être soit "le réveil du somnambule qui avance dans le vide, soit le début d'une voie dangereuse de régression pour nos peuples", a-t-il souligné.

Il a rappelé que "les politiques de rigueur extrême qui ont aggravé les inégalités" ou celles "de migrations à la carte" et de la fermeture de frontières ont contribué "à aggraver les inégalités et le fossé entre le nord et le sud de l'Europe" et à faire monter l'extrême droite.

"C'est une journée difficile qui confirme la crise d'identité en Europe" et "porte un coup" à l'UE, a-t-il ajouté.


Le Kremlin espère une amélioration des relations Russie-GB

Moscou espère que le Brexit permettra une amélioration des relations entre la Grande-Bretagne et la Russie, a assuré vendredi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

"Nous espérons que dans cette nouvelle réalité, la nécessité de construire de bonnes relations l'emportera", a déclaré M. Peskov aux journalistes, disant regretter n'avoir "pas toujours constaté une volonté de coopération de la part de nos partenaires britanniques".

Le président Vladimir Poutine, qui avait refusé de donner son avis la semaine dernière sur le référendum, n'a pas encore commenté le choix des électeurs britanniques.

"Le sujet du Brexit est une affaire interne à la Grande-Bretagne et à ses relations avec l'UE", a ajouté M. Peskov, précisant que Moscou souhaitait que l'Union européenne soit "florissante et stable".

"L'Union européenne est un important partenaire économique de la Russie, c'est pourquoi Moscou a intérêt à ce que l'UE reste une force économique florissante, stable et prévisible", a-t-il déclaré.

Pour sa part, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a dénoncé des "risques supplémentaires pour l'économie mondiale, y compris pour l'économie russe" après ce vote historique.

"Bien sûr, cela ne nous réjouit pas", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse publique Ria-Novosti.

Les résultats de ce référendum "ont démontré de manière spectaculaire les graves divergences au sein de l'UE sur toute une série de questions cruciales", a réagi de son côté le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les relations entre la Grande-Bretagne et la Russie sont empoisonnées par de nombreux sujets, notamment l'enquête anglaise sur la mort à Londres en 2006 de l'ex-agent du FSB (services secrets russes) Alexandre Litvinenko et les sanctions occidentales contre Moscou, dont Londres est un des plus fervents défenseurs.

"Sans la Grande-Bretagne dans l'UE, il n'y aura plus personne pour pousser à de nouvelles sanctions contre nous", s'est félicité sur Twitter le maire de Moscou, Sergueï Sobianine.


Pour le président polonais, l'UE doit éviter un effet domino

Le président polonais Andrzej Duda a qualifié de "triste nouvelle" l'issue du référendum britannique sur le maintien du pays dans l'Union européenne. Il faut maintenant éviter tout effet domino, selon lui. Depuis Cracovie, M. Duda a estimé que le référendum devait être un appel à l'unité, ainsi qu'une opportunité de réflexion.

"Ne trouvez-vous pas que l'UE impose trop aux pays qui en font partie?", a-t-il demandé.