Vanackere en solo à une réunion hot

Ch. Ly. Publié le - Mis à jour le

International

Steven Vanackere sera le seul ministre de l’Europe occidentale à participer, jeudi à New York, à la conférence très contestée de Durban III, dont les deux précédentes éditions avaient été marquées du sceau de l’antisémitisme.

Sous les conseils de Jan Grauls, le représentant permanent de la Belgique à l’Onu, le CD&V a en effet confirmé son intention de prendre part à cette réunion tenue en marge de l’Assemblée générale, avec l’espoir de la changer de l’intérieur.

Problème : les grands pays européens boycottent cette conférence, y compris l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Italie, l’Autriche et même la France, dont la politique arabe est un fleuron. Les Etats-Unis et le Canada idem. Israël, bien sûr, aussi. L’Espagne et la Slovénie hésiteraient encore, mais pas Steven Vanackere.

Selon le porte-parole des Affaires étrangères, Michel Malherbe, joint hier soir à New York, le ministre estime qu’un boycott ne génère pas de bons résultats. En participant, la diplomatie belge caresse l’espoir de modifier le texte des conclusions. "Nous voulons élargir le champ, passer de la discrimination raciale à d’autres formes de discrimination, basées par exemple sur le sexe, la religion, les préférences sexuelles ou les origines sociales", dit Michel Malherbe.

Durban III sera aussi l’occasion de "célébrer" les dix ans de la première conférence de Durban, en 2001, qui avait été marquée par de profondes divisions sur les questions de l’antisémitisme, du colonialisme et de l’esclavagisme. Un anniversaire que plusieurs écrivains français, de Pascal Bruckner à Elie Wiesel, ne voient pas de raisons de célébrer. "Au nom des droits à la différence et à l’autodétermination des peuples, des slogans appelant à la haine raciale furent scandés, des ouvrages antisémites furent diffusés et le débat sur les discriminations dont sont victimes les femmes fut censuré", écrivent-ils dans une carte blanche publiée par "Le Monde".

A l’époque, Louis Michel avait dû s’expliquer sur le fait qu’il était resté à la conférence après que les Etats-Unis et Israël eurent claqué la porte. Le ministre MR rétorqua qu’en restant, avec les Européens unis, il avait fait modifier un paragraphe des conclusions mettant Israël au pilori. Quelques années plus tard, en 2009, le VLD Karel De Gucht participa à Durban II à Genève et fut le seul ministre des Affaires étrangères de l’UE à y prononcer une allocution. Bref, la Belgique se distingue dans la continuité.

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