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La Cour suprême du Venezuela a annoncé jeudi l’exclusion de la principale coalition d’opposition (MUD, centre et droite) de la présidentielle anticipée, dont la date vient d’être ramenée de fin 2018 à "avant le 30 avril".

Des mesures pour renforcer Maduro

Cette décision, inattendue, s’additionne à d’autres mesures destinées à perpétuer au pouvoir le président Nicolas Maduro, dont le mandat a été caractérisé par une grave crise économique (pénurie d’aliments et de médicaments, ainsi que de pièces de rechange), née de la chute des cours du pétrole (96 % des ressources de l’Etat), d’une très mauvaise politique économique et de sabotages organisés par ses adversaires politiques, désireux de reconquérir le pouvoir qu’ils avaient longtemps monopolisé jusqu’à la victoire électorale du colonel Hugo Chavez (1999).

Après la victoire écrasante de la MUD aux législatives de décembre 2015, qui avait abouti à la mise en place d’une Assemblée nationale largement dominée par l’opposition, le pouvoir a fait élire l’an dernier, à côté de l’Assemblée légale, une "assemblée constituante" à sa dévotion. Celle-ci s’est aussitôt octroyé les pouvoirs de l’Assemblée nationale, qui a été prise d’assaut en août dernier par la garde nationale et des militants pro-Maduro.

Les divisions de l’opposition, qui n’est unie que sur le rejet de Maduro, ont valu à celle-ci une série de défaites électorales, l’an dernier, que le régime tente maintenant de mettre à profit pour se perpétuer au pouvoir.

Répondre aux sanctions européennes

Néanmoins peu sûr de sa victoire en raison de son piètre bilan économico-social (le taux d’insatisfaits monte à 70 %), le pouvoir a décidé que pour avoir l’autorisation de présenter des candidats aux présidentielles de 2018, les partis d’opposition qui avaient boycotté les municipales du 10 décembre dernier devaient… se réinscrire auprès du Conseil national électoral. L’interdiction de jeudi faite à leur principale coalition de présenter un candidat revient à saboter leur projet de présenter un candidat unique contre Nicolas Maduro.

Cette annonce a suivi la décision de l’Union européenne d’adopter des sanctions contre sept dirigeants du régime et responsables de violations des droits de l’homme.