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Le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé vendredi l'armée de Colombie d'entraîner des Vénézuéliens en vue de provocations qui serviraient à déclencher un conflit armé entre les deux pays. Selon M. Maduro, l'objectif serait d'utiliser ces hommes pour lancer des attaques contre les forces armées colombiennes "comme s'ils étaient membres de l'armée du Venezuela".

Ces provocations "seraient l'excuse dont le Pentagone et le Commandement Sud (américain, responsable de l'action militaire des Etats-Unis en Amérique centrale et latine, ndlr) ont besoin pour démarrer un conflit armé entre le Venezuela et la Colombie, je le dénonce devant la communauté internationale", a asséné M. Maduro pendant un conseil des ministres retransmis par la télévision publique.

"On va leur donner des uniformes vénézuéliens et des armes" pour qu'ils commettent "une quelconque attaque qui sera utilisée comme excuse par le gouvernement colombien pour déclarer un conflit armé", a ajouté le président Maduro. Il a affirmé détenir des "preuves physiques" de ce complot, que son ministre de la Défense, Vladimir Padrino, devrait montrer à son homologue colombien lors d'une réunion dont la date n'est pas encore fixée.

Selon le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Nestor Reverol, les preuves du complot proviendraient de sources au sein de l'armée colombienne.

Le ministre a affirmé que la Colombie avait déjà "entraîné" et "endoctriné" quelque 150 Vénézuéliens, avec une préférence pour ceux qui "ont une expérience militaire ou policière".

Les relations entre les deux pays se détériorent depuis plusieurs années: le président colombien Juan Manuel Santos, a qualifié le gouvernement de Nicolas Maduro de "dictature", et il l'accuse d'être responsable de l'exode de centaines de milliers de Vénézuéliens qui fuient la crise économique vers la Colombie.

Le Venezuela accuse régulièrement les Etats-Unis de comploter pour renverser le pouvoir en place à Caracas. M. Maduro a toutefois annoncé mercredi une prochaine rencontre avec M. Santos, à l'initiative de ce dernier, afin d'aborder le renforcement des mesures de sécurité à la frontière commune entre leurs deux pays.