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Le scandale du "bunga bunga" était alors sur toutes les lèvres. Les premières pages des journaux étalaient les détails croustillants des chaudes soirées organisées par le Cavalière, quand celui-ci a décidé de parler à la télévision pour tenter de désamorcer la bombe. "Après ma séparation, j’ai entamé une nouvelle relation sentimentale avec une jeune femme qui, évidemment, était toujours à mes côtés au cours de ces soirées que je qualifie d’élégantes", avait tenu à souligner Silvio Berlusconi en regardant l’Italie droit dans les yeux.

Qui était donc la mystérieuse fiancée du président du Conseil ? La péninsule allait-elle pouvoir enfin présenter au monde entier une First Lady, dans le style de Carla Bruni ? Rien n’en fut. Un an plus tard, Silvio Berlusconi se présente toujours seul aux grandes réunions internationales et autre visites d’Etat. Le discours n’était que du bluff.

En 1994, fraîchement élu président du Conseil, Silvio Berlusconi la joue "à l’américaine". Tout sourire, le riche entrepreneur promet la lune aux Italiens. Il espère que sa seconde épouse, Veronica Lario, jouera la carte glamour, sagement assise à ses côtés. Peu intéressée, l’ancienne actrice n’effectuera qu’une seule et unique visite d’Etat, à Moscou. Sa carrière de Première Dame aura, en tout et pour tout, duré sept mois.

Dans le livre "Tendenza Veronica", la journaliste Maria Latella, raconte : "Au seul et unique G7 où elle est apparue en tant que First Lady, à Naples, en 1994, Veronica et Silvio marchaient côte à côte face à la foule. Une situation que Silvio Berlusconi adore. Entraîné par l’enthousiasme du moment, le Cavalière a saisi la main de son épouse et l’a forcée à la soulever, dans un geste typiquement "Reine mère d’Angleterre"

"Mon mari tenait à s’occuper alors de mon image publique. Encore maintenant, si nous sommes en public, il me dit salue, souris", explique Veronica dans un entretien. Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi la jeune femme a préféré s’en tenir à un rôle plus discret.

Unique exception, lorsqu’elle a révélé, en 2009, à la presse, que son mari fréquentait des jeunes femmes mineures, révélation qui a ensuite accéléré la séparation du couple et sa sortie définitive de la scène.

L’unique Première Dame italienne reste, dès lors, l’épouse du président de la République. La figure d’homme sage que la politique italienne privilégie pour cette fonction a porté au Quirinale, le palais présidentiel, des hommes (et par conséquent leurs épouses) relativement âgés. Jamais ces Premières Dames ne se sont placées sous la lumière des projecteurs, respectant en cela une Constitution qui ne leur attribue aucun rôle officiel.

Clio Napolitano, 76 ans, l’épouse de l’actuel chef de l’Etat, a choisi de ne jamais se faire remarquer par la presse. Elle a dernièrement déclaré qu’elle avait toujours contesté le luxe du palais présidentiel. "J’ai toujours été une révolutionnaire. Le Quirinale a gardé son ancienne dimension, puisque c’était la demeure des papes et ensuite de la famille royale italienne. Je cherche à lutter contre le protocole de ces temps anciens, mais on me répond que c’est ainsi Il me semble pourtant que tout ce luxe et ces procédures ne sont pas inscrits dans les lois et la Constitution."

Dans l’histoire de la République italienne, Vittoria Leone semble être la Première Dame à avoir davantage marqué les esprits. Jeune et jolie, elle était adepte des créations du couturier romain Valentino. Lors d’une visite officielle de John Fitzgerald Kennedy en Italie, on raconte que le président américain, charmé et galant, aurait chuchoté à l’oreille de Lady Vittoria qu’après l’avoir rencontrée, il comprenait le secret des qualités politiques de son mari. L’Italie semble aujourd’hui un peu nostalgique de cette "dolce vita".