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Ukraine: de nombreux corps de civils gisent dans les rues de Kiev

Au moins 25 manifestants ont été tués dans les violences jeudi dans le centre de Kiev, ont constaté des journalistes de l'AFP. Le ministère de la santé évoque également deux policiers tués. Suivez la situation en direct vidéo.

AFP ET BELGA
Ukraine: de nombreux corps de civils gisent dans les rues de Kiev
©afp

Au moins 25 manifestants ont été tués dans les violences jeudi dans le centre de Kiev, ont constaté des journalistes de l'AFP, le ministère de la santé faisant par ailleurs état de deux policiers tués. Un journaliste a vu huit cadavres gisant sur le sol devant la poste centrale sur le Maïdan, place centrale de Kiev, et dix autres non loin de là, devant l'hôtel Kozatski.

Un autre journaliste de l'AFP a compté sept corps dans le hall de l'hôtel Ukraïna, de l'autre côté de la place.

— Robin Cornet (@robincornet) 20 Février 2014 Dans la matinée, la police avait indiqué qu'un "sniper" tirait sur des policiers. Les médecins volontaires qui soignent les opposants blessés ont indiqué que la manière dont les manifestants ont été tués indique qu'il s'agit de tirs de sniper. Treize manifestants "ont été tués d'une seule balle, personne n'a eu deux ou trois blessures", a indiqué l'un de ces médecins, Dmytro Kachine cité par l'agence Interfax. "Treize militants ont été tués par un sniper", a écrit sur son compte Facebook Olga Bogomolets, médecin très respectée en Ukraine proche de l'opposition.

Des centaines de manifestants ont chargé jeudi matin le cordon de police sur le Maïdan à Kiev, reprenant le contrôle de la place, en dépit d'une trêve annoncée par les autorités, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un policier a été capturé par les manifestants, qui l'ont conduit à l'intérieur de leurs lignes, au centre de la place, selon des images télévisés. Une information également confirmée par Reuters qui parle de plusieurs policiers toujours d'après des images de la télévision ukrainienne. L'agence évoque également 10 corps allongés sur le sol et recouverts de couvertures en deux endroits de la place de l'indépendance.

Les manifestants, casqués et armés de gourdins, protégées par des boucliers semblables à ceux des policiers, ont escaladé leurs propres barricades avant de se lancer à l'assaut d'un cordon des forces de l'ordre.

Les policiers ont reculé sur plusieurs centaines de mètres, abandonnant le terrain qu'ils avaient repris lors d'un assaut dans la nuit de mardi à mercredi.

Ils ont protégé leur recul par des tirs soutenus de balles en caoutchouc qui ont blessé une dizaine de manifestants, aussitôt chargés sur des brancards et évacués vers les infirmeries de fortune de l'opposition.

Le ministère de l'Intérieur a affirmé qu'un sniper a pris des policiers pour cible avant la charge et que vingt policiers ont été blessés, selon un communiqué.

De nombreuses ambulances se dirigeaient toutes sirènes hurlantes vers le centre de Kiev.

Plusieurs milliers de personnes sont toujours rassemblées sur le Maïdan, la place de l'Indépendance à Kiev, haut lieu de la contestation, occupé depuis près de trois mois. La place est à nouveau intégralement sous le contrôle des manifestants.

La rencontre entre les ministres de l'UE et Ianoukovitch déplacée

Les chefs de la diplomatie française, allemande et polonaise étaient attendus jeudi à Kiev avant une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles. Selon Reuters, les violences du matin ont empêché la tenue de cette rencontre.

Mercredi soir, les Etats-Unis ont annoncé avoir interdit de visas quelque 20 hauts cadres officiels ukrainiens qu'ils accusent d'être responsables de la répression meurtrière à Kiev, a indiqué un diplomate américain.

L'Otan a de son côté averti l'Ukraine d'une remise en cause possible de sa coopération avec ce pays si l'armée intervenait contre les manifestants de l'opposition.

"Il faut rétablir le dialogue politique entre opposition et pouvoir", a déclaré le ministre français Laurent Fabius, qui sera accompagné jeudi de Frank-Walter Steinmeier (Allemagne) et Radoslaw Sikorski (Pologne).

Les trois ministres doivent rencontrer M. Ianoukovitch avant de partir pour Bruxelles rendre compte à leurs homologues européens lors d'une réunion extraordinaire. Le vice-Premier ministre russe, Dmitri Rogozine, réputé nationaliste, sera également à Kiev jeudi, alors que Moscou a appelé l'UE à convaincre l'opposition ukrainienne de "coopérer avec les autorités".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé de son côté au gouvernement ukrainien de "renoncer à user d'une force excessive" contre les manifestants et de respecter "les exigences et les aspirations de la population".

Face à la crise, l'une des pires que traverse l'Ukraine, une ex-république soviétique, depuis son indépendance en 1991, des pays de l'UE ont appelé à des sanctions à l'égard des responsables de la répression.

Paris et Berlin ont condamné mercredi des "actes inqualifiables, inadmissibles, intolérables" en Ukraine, assurant que leurs auteurs seraient "sanctionnés".

Lavrov accuse des forces radicales de fomenter une guerre civile

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé jeudi à Bagdad des forces radicales de vouloir fomenter une guerre civile en Ukraine, pays en proie à des violences meurtrières.

Moscou soutient des négociations entre les autorités ukrainiennes et l'opposition pour pouvoir régler "la crise et combattre ensemble des forces extrémistes et radicales qui tentent de fomenter une guerre civile", a déclaré M. Lavrov en visite en Irak, selon ses propos traduits en arabe lors d'une conférence de presse.

Ianoukovitch annonce "une trêve"

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a annoncé mercredi soir la "trêve" avec l'opposition avant l'arrivée à Kiev de diplomates européens alors que la menace de sanctions occidentales pèse sur son régime.

Le président Ianoukovitch a annoncé "la trêve et la reprise des pourparlers pour arrêter le bain de sang" à l'issue d'une rencontre avec les trois leaders de l'opposition. Dans une adresse à la nation en pleine nuit de mardi à mercredi alors que les policiers donnaient l'assaut contre les manifestants dans le centre de Kiev, le président s'est montré beaucoup plus dur envers l'opposition qu'il avait accusée d'avoir appelé à une "lutte armée" pour prendre le pouvoir et menacée de poursuites.

Lui emboîtant le pas, la Russie a dénoncé une "tentative de coup d'Etat". Mais le président américain Barack Obama a averti mercredi des "conséquences" de la violence en Ukraine et souligné que le pouvoir devait garantir aux "manifestants pacifiques" le droit de s'exprimer "sans peur de la répression".


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