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Les chefs de l'armée birmane sont "responsables" de la crise de la minorité musulmane des Rohingyas, a déclaré mercredi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson. "Nous sommes extraordinairement préoccupés par ce qui se passe avec les Rohingyas en Birmanie", a-t-il dit lors d'une intervention devant le groupe de réflexion Center for Strategic and International Studies à Washington. "Le monde ne peut pas seulement (...) rester observateur face aux atrocités dont il est fait état."

"Nous estimons vraiment que les dirigeants militaires sont responsables de ce qui se passe", a-t-il ajouté, soulignant avoir été en contact avec la dirigeante civile du gouvernement birman Aung San Suu Kyi.

Les Etats-Unis ont insisté depuis le début de cette crise sur la distinction entre le gouvernement d'Aung San Suu Kyi, à laquelle ils ont réaffirmé leur soutien, et les militaires avec lesquels la prix Nobel de la paix partage le pouvoir.

Mi-septembre, Rex Tillerson avait déjà dit "très clairement aux militaires" que la "persécution" des Rohingyas était "inacceptable".

D'après les derniers chiffres des Nations unies, plus de 580.000 musulmans rohingyas ont fui la Birmanie depuis le 25 août, pour se réfugier au Bangladesh voisin. La crise a débuté quand des rebelles rohingyas, dénonçant les mauvais traitements subis par leur minorité en Birmanie, ont attaqué des postes de police fin août, entraînant une répression sévère de l'armée.

Selon le ministre américain des Affaires étrangères, Washington "comprend" que l'armée birmane est confrontée à "des éléments rebelles terroristes". "Mais vous devez être disciplinés", "faire preuve de retenue" et "favoriser l'accès" à la région, notamment pour l'aide humanitaire, a-t-il lancé à l'égard des militaires.

"C'est un vrai test" pour ce système de "partage des pouvoirs", et "il revient aux dirigeants militaires birmans de décider quel rôle ils veulent jouer dans l'avenir de la Birmanie", a-t-il conclu.