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L'Eglise catholique brésilienne a rejeté mercredi la possibilité d'autoriser l'avortement en cas de microcéphalie, comme le souhaite l'ONU, estimant qu'il était opportuniste de rouvrir ce débat après l'explosion de cas liés au virus Zika, transmis par un moustique. "La microcéphalie existe au Brésil depuis des années. Ils en profitent pour revenir sur le sujet de l'avortement", a déclaré l'évêque auxiliaire Leonardo Ulrich Steiner, secrétaire général de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) au quotidien Estado de Sao Paulo.

"L'avortement favorise l'eugénisme, une pratique pour sélectionner les personnes parfaites", a-t-il souligné.

La loi brésilienne ne permet d'avorter qu'en cas de viol ou quand la vie de la mère est mise en danger et, depuis 2012, dans le cas de foetus acéphales (sans cerveau).

La semaine dernière, l'ONU a exhorté les pays touchés par le Zika, soupçonné d'entraîner une malformation congénitale, la microcéphalie (réduction du périmètre crânien, néfaste au développement intellectuel), à autoriser l'accès des femmes à la contraception et à l'avortement, une question sensible en Amérique latine, région la plus touchée par l'épidémie.

Le Brésil est le pays le plus touché par l'épidémie de Zika avec 1,5 million de personnes contaminées depuis début 2015.

Par ailleurs, il connaît depuis octobre une augmentation alarmante de bébés microcéphales, avec 404 cas confirmés et 3.670 en cours d'examen.

L'épidémie de Zika et l'explosion de cas de microcéphalies touchent essentiellement le nord-est du pays où la population est plus pauvre.

Un groupe de militantes, avocats et médecins ont lancé récemment une bataille légale auprès de la Cour suprême pour qu'elle autorise l'interruption de grossesse dans des cas de microcéphalie et aussi quand des femmes enceintes ayant attrapé le Zika ne veulent pas mener à terme leur grossesse.

L'archevêque de Brasilia et président de la CNBB Sergio da Rocha a défendu quant à lui le principe de "valoriser la vie dans n'importe quelles conditions".

"Une moindre qualité de vie ne veut pas dire un moindre droit de vivre, avec moins de dignité", a-t-il déclaré lors d'une rencontre d'Eglises chrétiennes.