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Le Washington Post a publié ce 18 octobre la dernière chronique du journaliste saoudien : un plaidoyer en faveur de la liberté d’expression dans le monde arabe. Transmis par son traducteur au lendemain de sa disparition le 2 octobre à Istanbul, le texte a été conservé par le quotidien américain dans l’espoir d’une réapparition de Khashoggi. Celle-ci paraît désormais exclue. La traduction en français provient de Courrier International. Le Washington Post a donné son accord pour la reprise de ce texte.


J’ai récemment consulté en ligne le rapport 2018 sur la liberté dans le monde publié par l’ONG américaine Freedom House et je me suis rendu compte d’une chose très grave : dans l’ensemble du monde arabe, il n’y a qu’un seul pays qui peut prétendre au titre de “pays libre”, c’est la Tunisie. La Jordanie, le Maroc et le Koweït arrivent en deuxième position, et jouissent d’une “liberté partielle”. Et le reste des pays du monde arabe ne sont “pas libres”.

Par conséquent, les Arabes qui vivent dans ces pays n’ont pas accès à l’information ou sont mal informés. Ils n’ont donc pas les moyens de saisir, et encore moins de discuter en public, les enjeux qui régissent leur région et leur vie quotidienne. Le discours de l’État est le seul à façonner l’opinion publique, et si certains ne sont pas dupes, une grande majorité de la population continue d’avaler le discours officiel. Et malheureusement, la situation ne va pas s’améliorer.


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