International En caméra cachée, Franceinfo a décidé de tester la réaction de douze agences immobilières en région parisienne face à un propriétaire à la recherche d'un locataire "franco-français".

" Si je vous dis, je préfère un Franco-français, ça ne vous choque pas? ", lance le journaliste déguisé en propriétaire à un agent immobilier parisien. La question peut surprendre mais pas autant que la réponse: " Non, ça ne choque pas. Il n'y a aucun problème ".

A travers son enquête sur le racisme ordinaire dans les agences immobilières, Franceinfo a décidé d'aller à la rencontre de douze agences immobilières de Paris et en banlieue. L'objectif: se faire passer pour un propriétaire qui souhaite louer son bien... mais pas à n'importe qui. " J'aimerais des profils plus 'européens' ", souligne ainsi le "faux" propriétaire tout en ajoutant, sans aucun filtre: " On aimerait bien éviter certaines communautés ".

Combien d'agences immobilières ont accepté?

Sur les douze agences immobilières interrogées, la moitié approuve cette discrimination. Ce qui est plus étonnant encore, c'est que "la majorité ne manifeste aucune surprise face aux requêtes discriminatoires. Ce qui traduit une banalisation de ce type de demandes", indique Franceinfo.

L'affaire Laforêt: "Pas de noirs, de jaunes, d'Arabes"

C'est suite à l'affaire Laforêt que Franceinfo a décidé de mener cette enquête sur le racisme ordinaire dans les agences immobilières.

Cette affaire de discrimination, qui remonte à 2006, vise le patron de l'agence Laforêt et son fils. Il y a 12 ans, une annonce raciste publiée par l'agence immobilière a été dévoilée: "Pas de noirs, de jaunes, d’Arabes". 

C'est Moustapha, un particulier, qui est tombé sur ce document interne par hasard lors d’une visite: "Attention, important pour la sélection des locataires : nationalité française obligatoire, pas de Noir, immeuble avec des policiers uniquement."

Le père et son fils devaient comparaître ce mercredi devant le tribunal d’Évry. Ils patienteront une année de plus, le procès étant reporté au 6 février 2019.