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L'Espagne serait prête à bloquer l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, dimanche lors du sommet extraordinaire de Bruxelles, si la proposition actuellement sur la table n'est pas clarifiée concernant le statut de Gibraltar, a déclaré mardi le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. 

L'Espagne voterait "non" si l'article 184 de l'accord de retrait était mis aux voix dimanche dans sa forme actuelle, a déclaré mardi le dirigeant socialiste. 

Lundi déjà, le ministre des Affaires étrangères, Josep Borrell, avait exprimé un point de vue similaire et réclamé davantage de "clarté juridique" dans le projet.

Située à la pointe sud de la péninsule ibérique, Gibraltar est sous souveraineté britannique depuis 1713, mais l'Espagne continue de revendiquer ce territoire. "Gibraltar n'appartient pas au Royaume-Uni, il est représenté par lui, mais il ne lui appartient pas", a déclaré M. Sánchez.

L'Espagne juge que le texte ne précise pas suffisamment que les négociations futures sur les relations entre Bruxelles et le Royaume-Uni doivent être séparées de celles sur le statut de Gibraltar. Les négociations directes entre l'Espagne et la Grande-Bretagne doivent être clairement énoncées dans l'accord, réclame Madrid.

"Nous sommes bien conscients des préoccupations espagnoles et nous y travaillons", a répondu un porte-parole de la Commission. Pour essayer de rassurer Madrid, il s'en réfère aux lignes directrices du Conseil européen d'avril 2017. "Après la sortie de l'Union du Royaume-Uni, aucun accord entre l'Union et le Royaume-Uni ne peut s'appliquer au territoire de Gibraltar sans accord entre l'Espagne et le Royaume-Uni", selon l'une de ces lignes directrices.

Les négociations qui sont toujours en cours avec l'ensemble des États membres sur une déclaration pour le cadre de la relation future entre le Royaume-Uni et l'UE se poursuivent dans le respect de ces lignes directrices, a-t-il insisté.

Quant à savoir si l'accord de retrait lui-même et son article 184 pourraient encore être modifiés, ou si une solution interviendra par un autre biais, la Commission reste prudente. Les préoccupations espagnoles pourraient ainsi n'être rencontrées que lors du sommet de ce dimanche.