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Il est question d’un pays aux prisons surpeuplées, où la police est brutale, où les illégaux sont repoussés dans des conditions épouvantables, où les femmes sont discriminées et où sévit l’intolérance raciale et religieuse. Ce pays est la Belgique si l’on en croit le rapport 2013 sur les droits de l’homme dans l’Union européenne que vient de publier le ministère russe des Affaires étrangères.

Ce rapport est la réponse du berger à la bergère. Lassé des critiques occidentales, régulièrement condamné par la Cour européenne, Moscou réplique depuis 2012 avec un rapport annuel sur l’UE. Le nouveau souligne la "forte croissance de la xénophobie, du racisme, du nationalisme violent, du chauvinisme et du néo-nazisme" dans l’Union. Et met quelques touches personnelles en s’inquiétant par exemple de la propension des Européens à vouloir exporter "leurs valeurs néo-libérales" dans le monde .

Selon Moscou, c’est particulièrement évident dans la "promotion agressive" par l’UE et ses Etats membres de l’homosexualité et des mariages de même sexe. Depuis juin de l’an dernier, une loi punit en Russie la "propagande" de l’homosexualité devant les mineurs, ce qui vaut à Vladimir Poutine d’être interpellé par 27 Prix Nobel dans une lettre ouverte.

Terribles prisons belges

Sept pages sont consacrées à la Belgique. Le cas du jeune Jonathan Jacob, 26 ans, mort sous les coups de la police de Mortsel, est cité de même que l’affaire des policiers de la gare du Midi à Bruxelles accusés d’avoir brutalisé des illégaux en 2006.

Les prisons surpeuplées figurent aussi en bonne place. Le rapport cite par exemple celle de Forest où les conditions de détention "ne se sont pas améliorées, mais même se sont détériorées". Forest dépasse de 65,1 % ses capacités, selon les chiffres disponibles en décembre 2012.

Moscou stigmatise aussi la montée de l’islamophobie et de l’antisémitisme en Belgique. Il cite le cas de ce couple de lesbiennes, dont l’une était juive, qui a subi en mai 2013 un harcèlement et une agression après s’être installé dans un appartement à Aartselaar. Les agresseurs avaient déclaré qu’ils "étaient venus terminer le travail des nazis". Enfin, Moscou s’interroge sur le refus de la Belgique, dicté par la Flandre, de ratifier la Convention sur la protection des minorités.

Le rapport s’inspire de plusieurs sources officielles (OSCE, Onu, Centre pour l’Egalité des Chances, Enar...) mais aussi de la presse belge, ce qui en soi est plutôt réconfortant.