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Wesley Clark, général à la retraite vainqueur de la guerre du Kosovo et novice en politique, a annoncé officiellement mercredi qu'il se lançait dans la course à la Maison Blanche, rejoignant ainsi neuf autres candidats à l'investiture démocrate pour le scrutin de 2004.

«Oui, je suis candidat », a-t-il déclaré à plusieurs chaînes de télévision, avant de formaliser cette annonce de la ville où il a vécu enfant, Little Rock (Arkansas, sud). C'est dans cette même localité que Bill Clinton, dont Wesley Clark est un proche, avait débuté sa carrière politique.

A 58 ans, l'ancien général n'a aucune expérience en la matière et reconnaissait mercredi dans le quotidien 'Washington Post' n'avoir pas encore de position arrêtée dans les domaines de sécurité sociale ou d'éducation. Aux chaînes de télévision, il a assuré être très concerné par ces questions comme celles touchant à la santé et l'économie.

Wesley Clark a rappelé avoir enseigné celle-ci à l'école militaire de West Point, et précisé «avoir suivi de très près » toutes les grandes questions économiques et sociales. Dans le 'Washington Post', il a ajouté être pour la peine de mort dans «les cas exceptionnels ».

«Je suis très au fait » de tout ce qui préoccupe les Américains, a fait valoir Wesley Clark notamment sur CNN et ABC, évoquant implicitement le dossier sécuritaire, qui reste l'un des soucis principaux de la population depuis les attentats anti-américains du 11 septembre 2001.

Son expérience de militaire cachant une volonté de fer derrière une apparence conviviale devrait, à cet égard, la rassurer. Ancien combattant de la guerre du Vietnam, où il avait été sérieusement blessé lors d'une patrouille, il a mené à la victoire la première guerre de l'OTAN en 1999 pour libérer le Kosovo du joug serbe, en tant que commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR).

«Il est plus politique que militaire », assurent des diplomates européens ayant travaillé avec lui du temps où il était à la tête du SHAPE à Casteau (1997-2000), en évoquant le «carnet d'adresses incroyable » de cet homme au physique séduisant qui aime parcourir le monde.

Cette personnalité indépendante et toujours prête à passer à l'action - il déteste l'enlisement - lui a valu au cours de sa carrière plusieurs inimitiés avec des responsables politiques comme militaires, américains ou étrangers.

Lors du conflit contre Slobodan Milosevic, transformé en combat personnel, il s'adressait directement au président Clinton et s'était ainsi brouillé avec le secrétaire (ministre) à la Défense d'alors, William Cohen, entraînant son départ anticipé de l'armée. Lorsque des troupes russes avaient en 1999 pris le contrôle de l'aéroport de Pristina, Wesley Clark avait donné l'ordre à un général britannique de s'y opposer. «Je ne vais pas déclencher la 3ème guerre mondiale pour vous! », lui avait rétorqué ce dernier.

Une candidature à la Maison Blanche peut paraître «ambitieuse » mais elle est justifiée par «l'ensemble de ma carrière, de mes expériences qui m'ont préparé à une telle décision », a expliqué mercredi Wesley Clark. Sa femme Gert, a-t-il précisé, l'a encouragé à faire acte de candidature à la Maison Blanche.

Dans son nouveau combat - il n'est qu'en 5ème position dans les intentions de vote des démocrates, selon un sondage récent -, il devra vite prouver son ascendant sur ses neuf rivaux, afin de prouver qu'il a la capacité et non seulement l'ambition d'affronter le républicain George W. Bush en novembre 2004.