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Les sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP) autrichiens, au lendemain de l'annonce de leur mariage de raison, ont désigné mardi les ministres de la "grande coalition", sous la direction d'un Alfred Gusenbauer controversé au sein de son parti pour ses concessions à la droite. Les deux ténors du gouvernement de coalition droite/extrême droite sortant, le chancelier Wolfgang Schüssel et le ministre des Finances Karl-Heinz Grasser, ne feront pas partie de la nouvelle équipe. En fin de matinée, M. Schüssel, 61 ans, a annoncé à la presse : " Mon travail est fait ", ajoutant qu'avec la conclusion des négociations de coalition, il abandonnait également la direction du parti ÖVP. Le nouvel homme fort de la droite sera Wilhelm Molterer, très proche du chancelier sortant : il sera à la fois vice-chancelier, ministre des Finances et chef de l'ÖVP. Au pouvoir depuis 2000, lorsqu'il a fait entrer l'extrême droite au gouvernement, M. Schüssel a accepté d'être relégué au second rang et se contentera des fonctions de chef du groupe parlementaire ÖVP en remplacement de M. Molterer.

Karl-Heinz Grasser, 38 ans, jeune et populaire trésorier du gouvernement sortant qui fut un émule du leader d'extrême droite Jörg Haider, a décidé de retourner dans le secteur privé sans dévoiler la société choisie. Il aura été l'enfant prodige de la politique autrichienne, faisant aussi le bonheur des gazettes par sa vie sentimentale.

La répartition des portefeuilles de 14 ministres et 6 secrétaires d'Etat, annoncée la veille, a été sévèrement critiquée dans les médias et surtout par la gauche.

Les sociaux-démocrates, qui obtiennent la chancellerie, ont ainsi été contraints de laisser les grands ministères (Finances, Intérieur, Affaires étrangères) aux conservateurs. " Alfred Gusenbauer est chancelier mais c'est un roi nu ", soulignait un commentateur du quotidien "Standard". Un quart des membres de la direction du SPÖ ont voté contre l'accord de coalition mardi. (AFP)