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Etats-Unis - présidentielle

Hillary Clinton fait durer le suspense

stéphanie fontenoy

Mis en ligne le 05/06/2008

Acculée à la défaite, elle s'est logiquement gardée de toute réaction précipitée. Le temps de négocier avec Barack Obama la suite de sa carrière politique ?
Correspondante à new york

Au dernier jour des Primaires, mardi, Hillary Clinton était au téléphone avec Lanny Davis, ancien conseiller spécial du président Bill Clinton. Celui-ci raconte leur entretien. "Tu n'as pas l'air en forme", s'enquiert la candidate. "Eh bien, honnêtement, ce n'est pas la forme en effet. Et toi ?", répond son interlocuteur, inquiet, alors que tout indique une victoire de Barack Obama le soir même. "Moi ? Je vais bien. Regarde tout ce que nous avons accompli".

Retranchée avec Bill Clinton dans leur maison de Chappaqua, à New York, l'ex-Première Dame, reconnaissant qu'elle ne pourrait pas refaire son retard sur le sénateur de l'Illinois, avait réuni plusieurs de ses plus loyaux partisans au sein du Congrès pour une conférence téléphonique mardi après-midi. Stéphanie Tubbs-Jones, représentante démocrate de l'Ohio, en faisait partie.

"Ce jour marque la fin des primaires, mais pas la fin du processus électoral", faisait remarquer celle-ci mardi soir, quelques minutes avant le discours d'Hillary Clinton à New York. Le mot d'ordre de la soirée dans le cercle Clinton ? "Pas d'empressement". "Après la dure campagne qu'elle vient de mener, Hillary a bien le droit de marquer une pause, de souffler et de prendre le temps de considérer ses options, la vice-présidence ou autre chose", poursuit l'élue de l'Ohio.

Le suspense, Hillary Clinton le ménage pour quelques jours encore. Devant des supporters qui n'étaient pas venus en masse, elle n'a pas concédé la défaite, même si son rival Barack Obama a dépassé la barre fatidique des 2118 délégués pour remporter la nomination du Parti.

Ultime victoire au Dakota

Accompagnée de Bill et de leur fille Chelsea, la sénatrice de New York a pris la parole le sourire aux lèvres, alors que le Dakota du Sud lui donnait, en bout de course, une nouvelle et dernière victoire (56 pc contre 44 pc). Ses premiers mots sont allés à Barack Obama : "Cela a été un honneur de disputer ces primaires avec lui et c'est un honneur de pouvoir l'appeler mon ami".

Pour autant, la candidate ne lui a pas fait le plaisir d'abandonner la course. "Je comprends que beaucoup de gens se demandent : que veut Hillary ?", a-t-elle lancé à ses supporters, pendus à ses lèvres. "Eh bien, je veux ce pourquoi je me suis toujours battue dans cette campagne. Je veux la fin de la guerre en Irak, je veux que l'économie redémarre, je veux une assurance santé pour tous les Américains", a-t-elle dit. "Maintenant, la question est : où allons-nous à partir d'ici ? [...] C'est une question que je ne prends pas à la légère. Cette campagne a été longue, et je ne prendrai aucune décision ce soir".

Combative, elle a assuré qu'elle voulait "que les quelque 18 millions d'Américains qui ont voté pour [elle] soient respectés, entendus et qu'ils ne comptent pas pour rien". Tout porte à croire qu'Hillary Clinton essaie désormais de négocier un compromis avec Barack Obama. "Je m'engage à unir le Parti pour que nous soyons plus forts que jamais pour reprendre la Maison-Blanche en novembre", a-t-elle promis.

Candidate vice-présidente ?

Dès mardi après-midi, le bruit avait circulé que la sénatrice serait prête à accepter le poste de vice-présidente, s'il lui était proposé. "J'y suis ouverte, si cela renforce les chances du Parti en novembre", aurait répondu Hillary Clinton interrogée sur l'hypothèse d'un ticket "Obama-Clinton". Le sénateur de l'Illinois l'envisagerait-il ? "S'il n'y pense pas, alors, je ne sais pas où il a la tête. Hillary est la championne de la classe moyenne", répond Mark Aronchick, président de la campagne d'Hillary en Pennsylvanie.

Mme Clinton n'aurait-elle donc pas dit son dernier mot ? "Pour moi, elle a déjà gagné sur beaucoup d'aspects. Et ce n'est pas la dernière fois qu'on entend parler d'elle", explique Jennie Walker, auteur de "C'est notre moment", une chanson inspirée par Hillary Clinton. "C'est notre moment" se trouve aussi être une phrase du discours de victoire d'Obama... Faut-il y voir un signe ?

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