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Etats-Unis
Une nouvelle casserole pour Sarah Palin
AP
Mis en ligne le 03/09/2008
Dernière "casserole" potentielle en date, Mme Palin aurait accepté au moins 4.500 dollars de fonds de campagne de la société qui est au centre du scandale de corruption publique ayant mené à la mise en examen du sénateur vétéran d'Alaska, Ted Stevens.
Ces contributions, versées lors de la campagne ratée de Mme Palin pour le gouvernorat en 2002, ne sont pas illégales en soi. Mais elles montrent que la gouverneure, grande pourfendeuse de la corruption et avocate du "gouvernement propre", était partie prenante de ce même système politique alaskan aujourd'hui dans le collimateur du FBI.
Lors de sa présentation comme colistière la semaine dernière, Sarah Palin s'est dépeinte comme une rebelle politique à la McCain, opposée aux intérêts particuliers, réseaux de copinage, lobbyistes et géants du pétrole.
Mais elle a en son temps bénéficié de ce système qu'elle dénonce, via des contributions de VECO, puissante société de services pétroliers. Le fondateur de VECO, Bill Allen, qui a plaidé coupable de corruption, collabore à l'enquête du FBI qui a déjà envoyé plusieurs figures politiques alaskanes derrière les barreaux. Il sera le témoin principal du département de la Justice au procès de Ted Stevens, qui doit s'ouvrir en septembre. Sarah Palin a elle reçu 500 dollars, soit le maximum autorisé par la loi, de plusieurs employés de VECO, dans le cadre du "programme spécial bonus" mis sur pied par la société pour financer ses "poulains" politiques. Si Sarah Palin n'est pas visée par l'enquête en cours, ces contributions viennent tout de même écorner le discours selon lequel elle a rompu avec la machine républicaine de l'Alaska, Stevens inclus.
Ce n'est là que la dernière en date des révélations en date sur la carrière de Sarah Palin, 44 ans. Les délégués à la convention du Grand Old Party ne se sont toujours pas remis de l'annonce-choc, lundi, de la grossesse hors mariage de la fille adolescente de la candidate, âgée de 17 ans. Et tandis que Sarah Palin s'apprêtait à monter à la tribune pour le premier grand discours de son existence, la liste des détails potentiellement embarrassants s'est allongée:
- Contrairement à son image, elle pratique le lobbying. Quand elle était maire de Wasilla, elle a embauché un lobbyiste pour faire décrocher des contrats juteux à sa ville, et l'a refait à la tête de l'Alaska cette année, alors que McCain la présente comme une pourfendeuse de ce genre de méthodes.
- Son mari a appartenu à un groupe politique marginal dont certains membres prônaient la sécession, le Parti de l'Indépendance de l'Alaska. Si Sarah Palin n'en a jamais été membre, elle a cependant assisté à leur convention de 1994 avec son époux, selon certains membres.
- Un avocat privé, qui fut l'avocat de sa famille, a une ligne de crédit de 95.000 dollars pour la défendre contre les accusations d'abus de pouvoir, dans l'affaire du licenciement de son commissaire à la sécurité publique. Sarah Palin est soupçonnée de l'avoir limogé pour avoir refusé de licencier son ancien beau-frère.
- Elle a reconnu avoir fumé de la marijuana par le passé.
- Elle s'est opposée à ce que les ours polaire et baleines soient inscrits sur la liste fédérale des espèces menacées, ces animaux vivant dans des zones riches en gaz naturel et pétrole.
- Le petit ami de Bristol Palin, Levi Johnston, entend être aux côtés de la famille pour le discours de la candidate à la vice-présidence...
Se défendant des soupçons de légèreté ou de précipitation dans leur choix de cette colistière haute en couleur, les conseillers de McCain expliquent que Sarah Palin avait répondu à un questionnaire de 70 questions, dont certaines allaient loin: avez-vous déjà payé pour une relation sexuelle? Avez-vous été fidèle à votre mari? Avez-vous déjà utilisé ou acheté des drogues? Avez-vous déjà téléchargé de la pornographie sur Internet? Et la campagne d'affirmer que Mme Palin a mené la course en tête dès le départ dans le processus de sélection du colistier.
Ce qui n'est pas l'avis d'un membre important du Parti républicain, qui a suivi l'affaire de près et s'exprime sous le couvert de l'anonymat: selon lui, Sarah Palin avait été écartée du processus, lorsqu'à la fin de l'été, McCain, de toute évidence mécontent de la liste qu'on lui proposait, a réclamé d'autres nom. Là, tout à coup, elle se serait retrouvée finaliste.
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