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Etats-Unis
Cela swingue en Pennsylvanie
Stéphanie Fontenoy
Mis en ligne le 13/10/2008
reportage
Envoyée spéciale à PhiladelphieSous les T-shirts orange des fans des Flyers, l'équipe de hockey de Philadelphie, se glissent beaucoup de Républicains et d'indépendants dans un bastion essentiellement démocrate. Les supporters d'un sport majoritairement blanc s'étaient donné rendez-vous samedi soir pour le premier match de la saison.
"Je ne peux pas voter pour Obama, avec les fréquentations qu'il a et les personnes avec qui il est associé, c'est non", lance Darrel Fine, un entrepreneur, devant l'entrée du stade. "Coupable par association", renchérit sa femme, Cindy. Le couple, la quarantaine, se définit comme indépendant.
Sarah Palin au hockey
Sur la patinoire, Sarah Palin, la candidate républicaine à la vice-présidence, a été invitée à lancer le palet, après avoir insinué, la semaine dernière, que Barack Obama ne devait pas aimer beaucoup son pays pour "copiner avec les terroristes", en référence à Bill Ayers, ancien poseur de bombes du groupe radical antiguerre Weatherman dans les années 70. Celui-ci fut un collègue de Barack Obama à l'université de Chicago, habite dans le même quartier que le sénateur et a contribué (200 dollars) à sa campagne en 2001. Le Parti républicain a décidé de frapper sur ce clou.
Cindy, mère de quatre enfants, reprend le même message. Elle est une "Hockey Mom" comme Sarah Palin, et défend la gouverneure de l'Alaska, même une éventuelle présidence.
"Vous savez", dit-elle, "aujourd'hui, avec tout ce qui se passe dans les coulisses, on peut même mettre une marionnette à la Maison-Blanche".
Mais le couple fait exception. Sur fond de crise économique, les électeurs de Pennsylvanie, un traditionnel "swing state", penchent désormais démocrates.
Sa population est plus blanche, plus âgée, moins diplômée et plus catholique que le reste des Etats-Unis. Ses petites villes et ses anciennes régions minières subissent de plein fouet la crise économique.
Depuis quinze jours, Barack Obama y fait une percée fulgurante : + 13 points sur son adversaire John McCain (53,4 pc contre 39,6 pc, selon un sondage de "Real Clear Politics"). C'est de bon augure pour les Démocrates, puisque aucun président américain n'a été élu sans gagner deux des trois importants swing states : l'Ohio, la Floride et la Pennsylvanie.
Le marathon d'Obama
Barack Obama était donc de retour en Pennsylvanie samedi pour un marathon de cinq heures et de quatre meetings, où il a essentiellement parlé d'économie devant un total de 60000 personnes. "Qui ici gagne moins de 250 000 dollars par an ?", demande le candidat dans un quartier populaire noir de Philadelphie Ouest. Toutes les mains se lèvent...
Le candidat promet des baisses d'impôts, une couverture de santé égale "aux membres du Congrès", d'investir dans l'enseignement et les emplois "verts".
"Si quelqu'un vous dit qu'on ne peut pas payer pour ces programmes, répondez que l'on dépense 10 milliards de dollars tous les mois en Irak, et qu'il est temps de mettre cet argent ici, aux Etats-Unis et à Philadelphie." Applaudissements.
Au match de hockey, Billy Vanesco, un Républicain, n'est pas d'accord avec le calcul de Barack Obama qui veut aider les faibles et moyens revenus avec des réductions d'impôts. "Ma femme a un petit restaurant. Son chiffre d'affaires varie entre 250 000 et 300 000 dollars. Les petits entrepreneurs comme elle vont être les victimes de la politique de Barack Obama", dit-il.
La crise économique rapproche ceux qui sont allés écouter Sarah Palin et Barack Obama samedi à Philadelphie. Mais les recettes préconisées pour en sortir diffèrent grandement.
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